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26/09/2021

97&96.

Deuxième raté, hier, dans mon année à l'envers: il fallait bien que ça arrive (encore). Une journée pleine, des émotions partout, une panne de batterie (plus prosaïque) et un petit brin d'oubli. Mais deux rencontres notables avec Antoine Choplin et Isabelle Flaten, dont il faudra reparler.

08:52 Publié dans Blog | Lien permanent

24/09/2021

98.

63A93E1A-4A94-444A-8731-FEED9B2B229C.jpegC’est une salle pleine mise à disposition par ce lieu merveilleux qu’est le musée-galerie d’art Le Réservoir qui attendait Alexis Jenni pour un Grand Entretien animé par Laurent Cachard dans le cadre du Festival Les Automn'Halles. Derrière eux des œuvres de Marc Topolino.
Et pour un grand entretien c’en fut un. Passionnant. Bien sûr autour du dernier roman de l’auteur « La beauté dure toujours » (Gallimard), mais Laurent a fait des parallèles, en particulier en ce qui concerne le narrateur, avec « L’Art français de la guerre ». Ce premier roman publié qui valut à Alexis Jenni le Goncourt en 2011.  
« Est-il vrai que vous écrivez dans les cafés ? » — Oui et je lie ça au syndrome de l’enfant hyperactif. Si je reste chez moi, je tourne et vire sans arrêt, mais si ça bouge autour de moi, ça me calme… »
Un premier roman primé, et quel prix !, mais aussi de nombreux refus avant que Gallimard le prenne. « Personne ne savait que j’écrivais. » À ce moment-là Alexis Jenni était enseignant de SVT ou comme il préfère dire de « sciences nat’ ». La nature, il en a été toujours proche, à 20 ans, il rêvait de faire pousser des arbres dans le désert. Donc une vingtaine d’années de refus de la part des éditeurs chaque fois qu’il envoyait un manuscrit. Aucun ressentiment cependant à leur égard, « pendant vingt ans, je me suis formé », dit-il. Depuis, il a beaucoup publié, cinq romans, un recueil de nouvelles et le reste ce sont des essais. Il annonce une parution pour octobre et une autre en début d'année 2022. 
Laurent présente « La beauté dure toujours », quelques lectures plus tard, on est sous le charme de ce roman sur un couple (en secondes noces) qui dure et ça se passe bien entre le dessinateur et l’avocate… Nous n’en dirons pas plus. Il faut savoir ménager le suspens. Bonne lecture!
Jocelyne Fonlupt-Kilic 

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23/09/2021

99.

(...) Flaubert, le prosateur frénétique dont la phrase relève d’une douleur absolue, infinie, inutile, disait-il, dont le travail sur le style relève de la souffrance quasi-expiatoire (l’expression est de Roland Barthes). On a de Flaubert des souvenirs souvent imposés, scolaires pour les plus anciens d’entre nous, puis merveilleux, quand la liberté de la vie nous a ramené ses ouvrages. En vivant, on relit Flaubert, comme Proust, et on s’émerveille du jeu de la phrase, quand pour l’auteur, elle est d’abord fastidieuse, soumise à un impératif catégorique : dans l’état total qu’elle doit retranscrire, elle doit rejoindre le vers et le dépasser. C’est ainsi, dans sa dimension esthétique, que l’ennui d’Emma est reconstitué, dans son univers (pointilliste) comme dans sa psychologie. Sans affect et sans licence. Quand le trait est grossi, comme dans Bouvard & Pécuchet, c’est que l’intention première est de dénoncer par l’hyperbole. Il n’y a rien de caché que le travail, chez Flaubert, et son principe de la correction infinie, les deux croix qu’il porte à chaque manuscrit : la hantise des répétitions, quand l’une repérée la veille ne garantit pas qu’une autre reste invisible, encore, à l’œil fatigué. Les articulations du discours, ensuite, sa fluidité, la musique flaubertienne, comme il en est une proustienne, une hugolienne, comme on en cherche un peu dans l’édition contemporaine, qu’on trouve, j’y reviendrai cette semaine, chez des auteurs dits classiques (Alexis Jenni en est un remarquable) ou, c’est le cœur de notre festival, chez des auteurs francophones, dont la langue n’a pas été altérée par l’obligation de la modernité.

Mais Flaubert, disais-je. Alain Ferry, dont j’eusse tellement aimé qu’il parlât à ma place, ce soir, disait de son héroïne – partie avec un marin – qu’un soir qu’il se disait le plus heureux des hommes en son compagnonnage, elle s‘était tue, « se mordillant les lèvres comme Emma avait coutume de le faire en ses moments de silence ». Alain Ferry dit que nous défendons Emma parce que nous l’aimons, mais s’interroge : Emma est-elle réellement un personnage de roman, polychrome dérisoirement, mais homogène à l’envi ? Nous ne répondrons pas à cette question ce soir, ça n’est ni le lieu, ni le moment. Nous allons plonger dans la phrase flaubertienne, telle qu’il la livre dans la correspondance, cet art que, deux ans après les lettres de Brassens à Toussenot, nous donnons encore à entendre, aux Automn’Halles. Il faut imaginer Flaubert à sa table d’écriture, condescendre à lâcher une des 4000 lettres qu’il a adressées à Louise ColetGeorge SandMaxime Du Camp, la princesse Mathilde, les frères GoncourtGuy de MaupassantÉmile Zola, bien d’autres. Il faut l’imaginer, là aussi, dans un délai qui devait le miner, littéralement, chercher l’adresse parfaite, la subtilité rhétorique. L’implicite qui fait que toute lettre attend un retour, et que le propos initial, de fait, peut être faussé, masqué : dans une lettre personnelle, l’écrivain va user d’une matière qu’il n’utiliserait pas dans une œuvre publiée, qu’on pourrait juger d’emblée vraie et intime, en omettant les influences externes qui peuvent changer le contenu d’une lettre : la gêne critique, un brin de flatterie, des transports amoureux… Mais l’heure n’est pas à la méfiance, surtout pas, mais à la petite musique flaubertienne, que Yves Ferry nous fait l’amitié d’interpréter ce soir, chez Valéry. Qui fut critique envers Flaubert, mais se trompa dans ses raisonnements : on ne distingue pas, chez Flaubert, le « vrai » scientifique de la documentation du  « vrai » littéraire de la création. L’Histoire n’est pour lui « que la réflexion du présent sur le passé ». Et la correspondance une façon d’éprouver le présent tel qu’il se joue, pendant qu’il se joue. Il n’y a pas deux Flaubert, il n’y en a qu’un, et il y en a mille. C’est le propre des ogres de la littérature.

05:15 Publié dans Blog | Lien permanent

22/09/2021

100.

"Je vivais avec une femme qui ne voulait pas de moi. C’est un grand mystère de l'âme que de s’obstiner dans ce qui ne nous convient pas."

"Mon mari ne voulait pas de mon amour, il ne voulait pas d’amour, d’aucun amour, il ne croyait pas à l’amour, cette alliance du grappin et de la serpillière."

"Nous nous sommes trouvés car c’était écrit : lui est l’arche, et moi je suis le bonheur."

Alexis Jenni - "La Beauté dure toujours", Gallimard 2021

https://www.flipsnack.com/joce22/programme-automn-halles-...

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21/09/2021

101.

Écrire un livre sur Liliane Benelli?

18:15 Publié dans Blog | Lien permanent

20/09/2021

102.

Une autre fatalité, rimbaldienne : «Le seul vrai mot, c’est : reviens, je veux être avec toi, je t’aime, si tu écoutes cela, tu montreras du courage et un esprit sincère. » L’appel est resté dans le vide, Verlaine en fut quitte pour son âme grise, à vie, et même après.

17:18 Publié dans Blog | Lien permanent

19/09/2021

103.

Je n'aime pas les malentendus qui perdurent, et qui font de l'oubli la seule issue possible. 

09:11 Publié dans Blog | Lien permanent

18/09/2021

104.

Scène 1 - Un homme seul, sur scène.

(L’air gêné, il se tord les mains, hésite) Voilà… Exceptionnellement, Mesdames, Messieurs, ce soir, je ne jouerai pas. Je ne suis ni en grève ni malade, mais je ne jouerai pas, pour des raisons que je tiens à vous expliquer avant que vous partiez vous faire rembourser. Ou pas, parce que je n’ai prévenu personne que je ne jouerai pas aujourd’hui, et surtout pas le directeur du théâtre, qui m’aurait viré avant même que je ne joue pas, vous voyez le problème. D’ailleurs, ça n’est pas tant que je ne veuille pas jouer, c’est surtout que je ne veux plus jouer de cet instrument-là. Qui m’a bouffé ma vie, mes amours, mon temps libre. Ma carrière. Au début, je voulais être astronaute et comme je n’en avais pas les capacités, j’ai fait des études maritimes. Je sais, vous ne voyez pas le rapport mais moi je le vois. Dans les deux cas, avec elle, ça n’était pas possible. Déjà que dans les trains et les transports en commun, elle pose problème, alors dans un cockpit ou une cabine, vous imaginez ? J’ai renoncé à ça, j’ai dû aménager des espaces chez moi pour elle, restreindre les autres pour la vie courante : forcément, ça n’est pas toujours très bien pris par celles qui passent par là et qui aimeraient bien un peu d’air… (Il s’agite) Déjà qu’on est seul contre tous quand on se promène avec un truc comme ça, qu’il n’y a personne pour vous aider mais tout le troupeau pour vous tomber dessus au cas où vous accapariez une partie de l’espace qui leur est dû parce qu’ils l’ont payé ! L’autre jour, tiens, j’étais tellement énervé de devoir aller à l’autre bout de la ville pour répéter que je me suis payé un gamin qui faisait suer tout le monde dans le train, et dont la mère m’avait reproché d’occuper tout l’espace des bagages, juste avant de partir. J’ai regardé le gamin dans les yeux, je lui ai dit : « Tu sais que le Père Noël est mort dans les attentats, à Paris ? » et je me suis levé, tranquillement. Pour être le premier à sortir du wagon avant de bloquer tout le monde dans les allées.

Extrait de "Contrebrassensiste, ou la moustache de Pierre Nicolas", à paraître.

 

09:57 Publié dans Blog | Lien permanent