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24/03/2016

Syndrome.

Mon ex-ex-ex-ex-ex-ex-ex-copine se marie et je me sens abandonné.

 

19:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

22/03/2016

Quelque chose noir.

Le pire de cette époque-là, c’est qu’il n’offre pas l'avers qu'évoquent ceux qui ont connu, en d'autres temps, ce qui leur semblait déjà le pire de l'homme. Comme s'il avait annihilé le meilleur possible.

20:13 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

21/03/2016

Kyrie le clown.

Le Cheval s'épuise de lui-même: plus beaucoup de forces, et la question lancinante de l'autorité qui revient avec les 95% des ressources épuisées, me dit-on, une nouvelle fois. Cette tentation de Venise (du Languedoc) se nourrit du vide dans lequel je me situe, d'un point de vue romanesque, de ces projets reportés, avortés, refoulés. Faut-il que je me taise ici pour mieux parler ailleurs, que l'on m'oublie pour me retrouver, les thématiques sont toujours les mêmes, et rien que la répétition épuise. Il y a cinq ans, une semi-éternité, j'allais confiant au Salon du Livre, bien accompagné: on allait me présenter à untel - qui n'est jamais venu, refusant de penser qu'un auteur si médiocre pût à la fois faire parler par ses livres et par celle qui en parlait aussi bien. C'était le temps de "Bichette & Loustic", complètement révolu: sauf que cet auteur, excellent par ailleurs, continue son one-man-show dans tous les endroits où, il y a cinq ans, je lui succédais, bien agacé par ailleurs qu'on ne jure que par lui, déjà. Et cet être cher qui, récemment, me le montre en bandeau en me disant: "regarde, il t'a piqué ta pose, et tes vêtements!". Ah, cette note, bien triste au départ, aura au moins la qualité de vous faire chercher de qui il s'agit.

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20/03/2016

W.

L'auto-portrait en lecteur que j'ai retrouvé date de 1990, il est manuscrit, sous forme de calligramme pérecquien (avec des vides qui créent le sens) et raconte ma mort causée par effondrement, sur moi, de ma bibliothèque. 

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19/03/2016

La puissance libératrice de la culture lettrée*.

img176.jpgDaniel Damart, éditeur du Réalgar et, de fait, de « Valse, Claudel », « Paco » et « L’insecte & le Sacré », est un homme curieux, érudit, et furieusement réfractaire à la chose numérique. Pas étonnant, de fait, qu’il passe son temps, entre deux avions, à dévorer des livres, à un rythme effréné. Et qu’il nourrisse quelque correspondance avec des artistes et écrivains dont il admire le travail et dont il sait parler sans dévotion ni transport amoureux. Pas étonnant non plus que, du coup, les artistes et les écrivains se sentent en confiance au point de lui répondre régulièrement et d’apprécier sa conversation. C’est le cas de Pierre Bergounioux, visiblement, qui a eu vent - et ce n’est pas le seul, ces derniers temps - du travail mené par l’éditeur exigeant et prolifique, jusqu’à en parler dans le dernier volume de son Carnet de notes. Et citer l’ouvrage de Lionel Bourg, « Un Nord en moi », doublé des peintures de Jérôme Delépine . Evidemment, une fois la jalousie passée (que diable cet homme-là n’a-t-il pas eu en main l’ouvrage que je consacrai à Camille, qui ouvrit la collection sous la forme qu’elle a désormais?), et vite passée au vu de l’amitié et de l’admiration que je voue à Lionel Bourg, la curiosité prend vite le dessus: aura-t-on, un jour, Pierre Bergounioux, et d’autres, au catalogue du Réalgar, qui comprend déjà quelques pointures? Une compagnie parfois vertigineuse, mais pas plus que l’analogie que Bergounioux fait dans ce papillon qu’il a destiné à Daniel et que celui-ci m’autorise à diffuser. De la part d’un passionné d’entomologie comme lui, Blaps sur l’enveloppe à l’appui, la référence à Kafka est inévitable, mais je sais d’expérience que quand on doit témoigner de la lecture d’un livre, on ne se risque à la référence que quand celle-ci se justifie, au moins à un millième. Ou cinq millimètres, en l’occurrence. Ça n’est ici que le mot de remerciement d’un homme courtois à un homme exquis, mais il y a cette double réalité: du livre qui circule dans ses chemins de traverse, ailleurs que dans les travées du Salon de Paris, et de la proximité de mon nom avec celui d’un monstre sacré de la littérature. Ou deux, plus exactement.

* excellent article, une fois n'est pas coutume, dans "Télérama", sur l'auteur.

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18/03/2016

L'impromptu de Florence.

L’action se passe sous les arcades du Palais Pitti. Laurent de Médicis, qui n’a pas encore rencontré Clarisse Orsini, jouit d’une solide réputation de séducteur. Ippolita Maria, fille de Francesco Sforza, au mariage de laquelle il a assisté, l’aborde secrètement.*

Ippolita Maria Sforza

Vous m’intriguez, Monsieur, je ne sais si je dois

Vous demander des comptes sur un subit émoi

Laurent de Médicis

Que je vous inspirai ? Vous me flattez, Madame !

Ippolita Maria Sforza

Je vous prie de cesser de jouer de vos charmes !

Je ne vous parle pas de ce type d’émoi

Qui ne touche jamais qu’êtres de peu de foi !

Mais de la position que vous prenez, céans

Qui vous donne les traits d’un fieffé Don Juan 

Dont on ne sait jamais quelles sont les humeurs

Ni de quelles régions sont les élans du cœur

Laurent de Médicis

Vous pensez me connaître sous ces attributs-là

Qui vous rassureront puisque ces entrelacs,

Il va sans dire, Madame, qu’ils ne sont pas les vôtres :

Vous n’êtes pas de celles qui rampent et se vautrent ! 

Ippolita Maria Sforza

Monsieur, vous m’outragez !

Laurent de Médicis

Il n’en est rien, Madame !

Ippolita Maria Sforza

Pourtant c’est outrancier !

Laurent de Médicis

Mais si loin de votre âme !

Puisque les Florentines tiennent de leur Cité

Le don de ne sortir jamais que maquillées

Des plus belles peintures qu’on ait jamais perçues

Vous n’avez pas le vice, Madame, mais la vertu !

Ippolita Maria Sforza

Vous savez bien flatter, mais savez moins répondre

Aux questions qu’on vous pose et pourtant sans encombres

N’y a-t-il pas ici quelques afféteries

A ne montrer de vous que cette face-ci ?

Laurent de Médicis

Pour la clarté, Madame, vous avez un époux !

S’il vous voyait ici, que dirait-il de vous ?

Ippolita Maria Sforza

Rien de ce qui m’attire ne peut m’être fatal

Quand le lien que j’ai pris est fidèle et moral

Laurent de Médicis

Et si je vous disais, Madame, que je l’envie

Cet être qui à vous un jour on a uni ?

Ippolita Maria Sforza

Je vous dirais, Monsieur, que vous pourriez aussi

Etre d’une ingénue le fidèle mari

Laurent de Médicis

Que je n’aimerais plus dès lors qu’un regard

Se porterait sur moi sans que j’y prisse gare ?

Non, non, je vous le dis, je n’aimerai personne

Que je ne puisse aimer sans peur du monotone

Je peux garder de vous le meilleur sans conquête

Il suffit qu’un sourire, une pensée s’y prête

Et si cet absolu dépasse l’Apennin

Je resterai là, seul, en maudit florentin !

Je préfère aimer plus que l’on m’aime en retour

Qu’on me condamne donc sans ultime recours :

On dira de ma vie qu’elle se fît dans l’errance

Mais on dira aussi qu’elle séduisit Florence.

16:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

16/03/2016

Tautogramme.

Zélie, zélée zootechnicienne zozotante, zouave zupéenne zutiste, zen zairoise zyeutant la zilcade, zoomait, zoomorphiste, la zoocécidie zoographe du Zérumbet quand, Zim Boum Boum ! la zapatéado zénithale du zazou zigoto zigouilla le zeugma zézéyant !

16:33 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

15/03/2016

Anassaï.

La version en concert date de 1987, contrairement à ce que cette vidéo absconse laisse croire. Du dix février exactement, au Vaisseau Public, rue Hippolyte Flandrin. C’étaient les débuts de ce groupe de rock héroïque dont on parlait dans les beaux quartiers : de beaux jeunes gens bien mis, aux cheveux longs et aux fans hystériques, qui poussaient, épaules en avant, les passages d’un Opéra dont le seul défaut, au final, aura été de ne pas contenir cette chanson jamais oubliée et que j’ai été le premier à numériser, à partir de la vieille cassette qu’un ami avait obtenue de la régie. A l’époque, on brandissait ça comme un trophée, en gardant un air pénétré : toute personne qui y prétendait devait être cooptée, au pire, on pouvait lui en faire une copie en appuyant, de temps à autre, sur la touche pause, histoire que l’originale reste inviolé… On ne se doutait pas que cet imbécile besoin de possession exploserait en vol quelques décennies plus tard, que tout deviendrait accessible et partagé. On ne se doutait pas non plus que ce même groupe serait encore là, trente ans plus tard et rassemblerait, une fois encore et avant de nouvelles aventures, les mêmes personnes, moins quelques-unes plus quelques centaines d’autres. Dont leurs enfants. Et beaucoup de mes ami(e)s. Des retrouvailles auxquelles je n’assisterai pas, mais si le groupe devait la chanter, cette chanson, qu’ils sachent que je l’entendrais, et de loin : par-delà les eaux et les plaines.

15:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)