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28/10/2022

l'Aigle noir (dédié à Laurence)

 

98394_ca_object_representations_media_3994_large.jpegLes virages musicaux, s’ils sont toujours périlleux, ne sont pas tous mortels. Que reste-t-il de la Chanteuse de l’Écluse, quand, à la même époque, alors que commencent les 70’s, Michel Colombier veut pousser plus loin dans l’expérimentation rock de l’univers de la Dame en noir. Et s’appuie sur un des textes que Barbara veut insérer dans l’album qu’elle prépare, dont Roland Romanelli, un soir, au théâtre de la Renaissance, a posé la base musicale, sans le savoir. Lui faisait des descentes harmoniques à la Schubert, sans compter sur la Patronne, qui passe la tête et lui demande de continuer. Pour une fois qu’elle n’avait pas à murmurer une mélodie que les musiciens transformeraient en notes… Elle écoute, se dit qu’elle la tient, la partition de ce morceau qu’elle a en tête depuis six ans, dont les mots et les notes ne venaient pas. Ou pas de façon satisfaisante. Une histoire d’oiseau, tirée du mélange d’un de ses rêves et d’une prophétie biblique. Au bord d’un lac, elle dort, quand un aigle noir fond sur elle : allégorie de la puissance et – plus inattendu – de la douceur, quand il lui caresse la joue. Les exégètes s’en feront des gorges chaudes, pour l’instant, les mots viennent, se libèrent d’eux-mêmes et le texte est bouclé, en six ans et quelques heures, donc : l’aigle s’envole. Que signifie-t-il, cet accipitridé, dans quelle part de son esprit est-elle allée le chercher ? On n’explique pas les rêves, on les interprète, mais elle refuse de le faire, ça lui ôterait son mystère. Il y a parfois des dalles mémorielles qu’il vaut mieux ne pas soulever. Figure monstrueuse du père, évocation du nazisme, elle-même ne le sait pas, à cette époque. Et ne s’en soucie guère. Au printemps, elle enregistre - au studio Gaité, tout près de Bobino - cet album auquel elle rajoute in extremis ce titre qui devient le nom du disque : Barbara est en noir, pléonasme, l’Aigle noir est en blanc, paradoxe. Et Michel Colombier prend les manettes de l’enregistrement, ne lésinant sur rien. Sur le titre-phare, 36 musiciens, huit choristes, un crescendo permanent, break excepté. Colombier double la contrebasse de Paul Amat de la basse électrique d’Antoine Rubio, puis privilégie la session rythmique rock, la batterie d’Armand Cavallaro en tête. Le piano ouvre le morceau, puis la voix et enfin les orchestrations, que Colombier a rodées sur scène et qu’il libère, ici : montées et descentes d’harmonie, effets de phasing – un décalage temporel entre les voix, mis en boucle, qui augmente et diminue au cours du morceau – on n’a jamais entendu ça dans la chanson française et on reconnaît la patte de l’ancien directeur de chez Barclay, ancien assistant de Quincy Jones. À quarante secondes, le phrasé jazz des baguettes multibrins, l’entrée de la basse à 1’, les riffs funks de guitare, les chœurs à 2’, le lever de batterie vingt secondes après, l’envolée de la fretless quatre cordes, tout cela fait de l’Aigle noir un morceau qui fait rentrer la chanteuse rive gauche dans une nouvelle catégorie. On aime ou on n’aime pas, mais elle n’a pas à se justifier de son succès. L’album sort durant l’été, on danse sur l’Aigle noir, que les radios diffusent en masse, malgré son format. En octobre, il est troisième au hit-parade de « Salut les Copains », le monde à l’envers. Pourtant, elle refuse d’en faire la promotion, ne le chantera que deux fois à la télévision française. On lui reproche sa grandiloquence, elle fait le dos rond. Seule l’article de « l’Express » du 13 juillet, qu’on lui rapporte, la blesse, pour une raison précise : Danielle Heymann, la journaliste, écrit d’elle qu’elle noie ses déchirantes petites cantates sous des grandes-orgues de Requiem. Quand la critique vient de professionnels, Barbara l’accepte, toujours. Mais qu’à travers une formule, peut-être inconsciente, on en vienne à penser qu’elle ait oublié sa belle amie de l’Écluse, elle ne pardonnera pas.

Extrait de Quelle petite Cantate pour piano droit au fond de l'Ecluse, ou les vies manquées de Liliane Benelli, à paraître.

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30/09/2022

La Girafe, le Cheval et le Blaireau mort.

8C2CE474-8BC8-4078-87F2-C1CD3CEA102C.jpegTous les ans depuis quatre ans, à la veille de ce « grand entretien » que j’anime dans l’écrin magnifique du Réservoir, pour les Automn’Halles, le festival du livre de Sète, je me demande ce que je fais là et pourquoi j’ai accepté une telle charge, tellement soumise à la critique en cas d’échec. Et je vendrais mon père et ma mère – si mon père n’était pas empêché et si ma mère n’était pas aussi prompte à ne pas être d’accord – pour être ailleurs et, puisque ça n’est pas possible, éviter le bide des dix personnes dans la salle pour un auteur aussi génial et essentiel (j’y reviendrai) qu’Éric Chevillard, père d’une littérature perpétuelle depuis 87, dans l’art romanesque et son « Mourir m’enrhume » aux Éditions de Minuit et « l’autofictif », le blog qu’il tient depuis 2007, qu’il nourrit de trois notes par jour, avec l’assiduité qu’il convient à ce type d’exercice. Pour des raisons indépendantes de notre volonté, on inverse le déroulé prévu de la soirée, et c’est Christophe Brault, le comédien attitré de Chevillard, qui commence, lui qui lit l'Autofictif une fois par mois à la maison de la poésie, à Paris, à raison d’une heure de lecture par séance, sablier faisant foi. Ce qui conduit à un calcul savant, digne des plus grandes courses de keirin, puisqu’il faudrait 11 ans, à ce rythme, à Brault pour rattraper Chevillard, à la condition expresse que ce dernier meure avant lui. C’est cynique, pinçant, mais c’est du Chevillard, qui me force à lui faire du pied s’il rit trop à ses propres blagues, ce qu’il ne fera pas, et pourtant quel florilège ! Dans son bestiaire habituel, dans le jeu de la phrase, de son rythme, de sa syntaxe qui peut confondre, Chevillard – entre Wilde et Desproges – excelle, et le public est ravi, alors que l’entretien n’a pas commencé. C’est une osmose, une phrase de Chevillard, il y a la langue, je l’ai dit, au service du propos, qu’il soit métaphysique – la nostalgie, la fuite du temps – ou inessentiel (du moins le croit-on) et le rebond de l’anecdote, de la chose qu’on ramène, que ce soit le Cochon qui rit ou l’alexandrin parfait sur la parution du dernier Alexandre Jardin. On fusille sec, mais avec élégance, chez Chevillard, et je n’imagine pas l’émoi d’un écrivain méconnu qui lui confierai un de ses ouvrages, par exemple. Ça fusille mais ça se met en doute, en permanence, et il y a quelque chose de singulier dans cette musique des mots un poil archaïque, quasi-proustienne par instant et cet art de la chute, de la fuite, dirait-on, mais jamais lâche. Dans son dernier roman, « l’Arche Titanic » - sur le Principe d’une nuit au musée, titre d’une collection fondée et dirigée en 2018 par Alina Gurdiel, qui compte déjà une dizaine de volumes, parmi lesquels celui de Lydie Salvayre (Marcher jusqu’au soir) ou de Kamel Daoud (Le peintre dévorant la femme) – il choisit la Grande Galerie de l’évolution du Museuum d’histoire naturelle et même, plus précisément, la salle des espèces disparues et menacées, plutôt qu’un musée d’art plus conventionnel. Et c’est à partir de ces espèces d’espèces (et d’espace) que le narrateur mène une réflexion sur lui et plus largement sur la responsabilité de son espèce sur la disparition des autres et sur la possibilité de les réintroduire par la littérature, le mot qu’on a perdu. On se demande, parfois, si l’auteur croit en ce que dit le narrateur, s’il ne cherche pas, finalement, à dédouaner l’homme de sa responsabilité, par la dérision et le ridicule de sa propre condition. C’est sérieux ? Pas de souci, le narrateur vous gratifie, en fin de chapitre, d’un : « Après tout, moins la bête féroce a de dents, plus ronde est ma fesse. » chevillardesque. Si cette rencontre fut si belle, c’est, j’y reviens, parce qu’elle s’est déroulée devant plus de quatre-vingts personnes, arrivées par grappes, se disputant jusqu’à la dernière des chaises empruntées aux bureaux du musée. Il y a des temps suspendus, comme ça, et Antonin, de l’Échappée Belle et moi en avons vécu un peu commun, entre réflexion sur l’édition et la littérature (pas toujours en osmose, l’une et l’autre) et blagues de potache, lâchée à la Nizan, en se regardant les ongles. Comme dans ses romans, les vies de Chevillard sont enchâssées et disent quelque chose de l’ordre de la perte, et du Fugit Tempus, en témoigne, dans « l’Arche Titanic », entre deux passages sur l’incuriosité des animaux – l’œuvre de Chevillard est un bestiaire, de la loutre au blaireau, de la Girafe à l’éléphant. - l’horloge dorée monumentale de Marie-Antoinette offerte au Muséum par la Convention, qu’on trouve au beau milieu de la Galerie. L’heure et demie que Brault & Chevillard ont offerte au public du Réservoir, hier soir, la paire bonus que j’ai passée avec eux, après, relève autant de la promesse que du souvenir. Promesse d’une nuit de l’Autofictif, à la Médiathèque Mitterrand, un jour prochain ? Promesse de retrouvailles à Saint-Etienne, au Quartier Latin, bientôt ? La route est longue mais les rendez-vous sont pris. Je saurai, à ce moment-là, à combien – seul signe otobiographique consenti – il se situe, en nombre de pains aux raisins avalés dans une vie.

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08/09/2022

MURAT LISTE DE VIE.

Capture d’écran 2022-09-07 à 19.33.39.png

  • 14.11.1993 Transbordeur, Lyon
  • 18.11.1997 Salle Rameau, Lyon
  • 14.12.1999 Le Transbordeur, Lyon
  • 11.11.1999 Le Trianon, Paris
  • 29.09.2000 Cave à musique Mâcon
  • 16.12.2000 le Polaris, Corbas
  • 13.04.2002 Transbordeur, Lyon
  • 6.11.2003 Ninkazi, Lyon
  • 19.10.2004 Salle Rameau, Lyon
  • 19.03.2005 Ninkazi, Lyon
  • 15.11.2006 Ninkazi, Lyon
  • 24.09.2008 Bourgoin-Jallieu, Théâtre
  • 21.10.2010 Centre Culturel, Saint-Genis-Laval
  • 12.10.2011 Ninkazi, Lyon
  • 16.03.2012 Bourgoin-Jallieu, les Abattoirs
  • 8.10.2013 Radiant, Caluire
  • 27.03.2013 Cave à musique Mâcon
  • 21.06.2014 Villeurbanne, La Doua
  • 12.10.2015 Théâtre de Villefranche
  • 11.10.2018 Rockstore Montpellier
  • 15.04.2022 Bourgoin-Jallieu Abattoirs
  • 22.09.2022 Internationales de la guitare Domaine d’O, Montpellier

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23/08/2022

Continuum.

Capture d’écran 2022-08-23 à 10.22.38.pngPour l'instant, ça n'est qu'un fichier sur lequel je sue, depuis le début de l'été. Un aller-retour quotidien avec l'éditeur depuis trois semaines, beaucoup de travail en perspective, encore, avant qu'il remplace les xxx par une date précise, dans l'an 2023.  Mais on s'approche, et l'émotion est immense, pour moi, d'avoir, une fois de plus, ramené Aurelia à la vie et à la parole. Et quel caractère, mazette! On en reparlera.

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27/07/2022

Rappel de beauté absolue.


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17/07/2022

Recours aux forêts.

forêts.jpgIl est possible que toutes les œuvres naissent d’un accident. À l’origine, une aquarelle ratée, que le peintre déchire, et une intuition qui naît : en rapprochant les deux pans du travail détruit, une faille verticale apparaît, et c’est une genèse, celle de la verticalité des arbres, ceux des forêts dans lesquelles il a l’habitude de se promener, se ressourcer. Il ne se rend pas compte, à l’instant, que reconnaître une faille, c’est en valider le principe, accepter que toutes celles qu’on a refoulées vous submergent un jour, nourries de l’hypersensibilité. Il n’en est pas là, le peintre, il se dit qu’il a trouvé un sujet, un de plus, et quand il découpe l’aquarelle en fines bandes, quand il crée un mouvement dans le sens inverse de ses Horizons, il est happé par la création, ne se méfie pas de l’origine des forêts, des orées à ne pas enfreindre. Il est passé plus d’une fois par Brocéliande, ce Breton d’adoption, pourtant, y a ressenti les esprits et les ambiances, mais là, pas de fontaine de Barenton, pas de Méléagant qui rôde, non, juste un chemin qui, dans l’acte même de créer, va générer d’autres accidents, qu’il ne maîtrisera pas, cette fois, et dont il ne tirera rien, sinon de la douleur et – paradoxe à part – un sentiment d’asséchement. Comme si le mythe de la Création qui se retourne contre celui qui l’a provoquée s’avérait, le voilà qui subit l’épiphénomène d’une déception amoureuse extraordinairement prévisible, de celles qu’on devine la seconde d’après celle de la cristallisation. On a beau jeu de s’acoquiner, d’aller chercher les sensations fortes loin de sa zone de confort, l’illusion de la Beauté ne fait pas la Beauté elle-même. Et la chute n’est jamais loin quand les repères se mélangent. Les forêts ont toujours joué leur rôle cathartique, dans le recours qu’on sollicite chez elles. C’est, dit Jünger, la monade originellel’existence dans le présent, tout ce dont le peintre, quand il se détache du sujet, est privé : là où devrait régner le secret – l’intime, le foyer ou la citadelle – c’est le manifeste qui s’impose et engendre la mélancolie. Celle qui empêche, fige, comme si un sort avait été jeté. La forêt est la grande demeure de la mort, le siège d’un danger d’anéantissement, dit-on dans le Traité du Rebelle. En perdant pied, celui qui les a peintes a symboliquement lâché la main de celui qui devait le guider pour surmonter sa crainte. Il se sent seul, même quand on l’accompagne, dans son spleen, et ses projections sont douloureuses : plus d’inspiration, plus d’envie. Des cieux bas et lourds qu’il peint dans ses marines, il ne perçoit plus l’éclaircie, qui centre le regard. La conscience du temps qui passe s’exacerbe d’elle-même, les enfants s’en vont et vivent leur propre vie, les amours, comme le corps, se délitent, rien ne semble pouvoir éclairer le constat : la vie est dure pour ceux dont la perception de son irréversibilité est aigüe. Baudelaire l’avait pourtant prévenu, mais il l’a pris, comme tout le reste, dans sa dimension esthétique, rien d’autre. Ses lignes verticales sont devenues des barreaux, il s’ankylose, jusqu’à la camisole chimique, qui ne fonctionne pas. C’est la conscience de ce qu’il vit qui crée la douleur, il se sent seul alors que jamais la solitude ne l’a effrayé, jusque-là : on ne crée que seul, et il n’a jamais eu besoin de ceux dont il souffre aujourd’hui qu’ils lui tournent le dos,  ne les a peut-être jamais considérés. C’est un cercle vicieux, qu’il a tenté de briser, radicalement (ou presque). Sans ignorer que la mort viendra d’elle-même et que la seule trace qu’il faille laisser, c’est celle de la réalisation, par l’œuvre. Il sait également qu’il en sortira, de ce mal de vivre, c’est écrit dans la chanson. Pas celle qu’il connaît mieux, celle de la maladie, du mal amer, et puis la fatigue aussi. Et son refrain, lancinant : que vas-tu faire, à minuit, seul, dans la forêt ? Elles reviendront, les joies simples, les mines rassurées de ceux à qui il pourra au moins faire croire qu’il va mieux, juste pour le plaisir. Il observera sa vie, le temps qu’il en reste, sourira peut-être de ce qui l’a fait tomber. La tristesse ne dure jamais : la cultiver, c’est s’y complaire, l’apprivoiser, c’est s’y soustraire. Mais il est dur au peintre de dissocier l’œuvre de ce qui la nourrit, et parfois la broie. Elle est là aussi, la tentation de Démocrite.

Photo: Erell Henry

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06/05/2022

Simplicité d'esprit.

Jim Kerr.jpgOn va voir les Minds comme on décide, un soir, de se refaire un blockbuster de cinéma, pour le plaisir, pour se rappeler à quel point on l’a aimé à sa sortie, quand la vie était plus simple, peut-être, à moins qu’on en enjolive le souvenir. Devant la Halle Tony Garnier, hier, la foule qui affluait était monochrome, teintée de gris dans les cheveux et vêtue de façon anachronique, veste en jean avec des patches pour les filles devenues femmes et blouson en cuir un peu (trop) près du corps pour les hommes. Une concentration exceptionnelle, statistiquement, de vaporettes, des kebabs qu’on avale comme à l’époque sans se soucier des conséquences digestives dans la nuit, pas de doute, on était bien dans l’attente d’un des groupes des 80’s qui s’en est le mieux sorti, ontologiquement, qui n’a pas cédé aux placements fosse or ou zone VIP. C’est à l’ancienne, tu rentres, tu avances, et si tu es plus grand que les autres, eh bien, tant pis pour eux. Évidemment, il vaut mieux, sans doute, voir les Minds en hiver plutôt qu’en été (ou presque), parce que la redingote écossaise de Jim Kerr à la salle 3000, en 2015, ne sera jamais égalée. Là, c’est élégant, veste, jean, petite écharpe de tweed, un ou deux morceaux oubliables pour commencer et le récital, au sens propre, peut démarrer : des tubes par dizaines, la bande-son de l’existence de chacun des êtres réunis dans la Halle aux bestiaux. « Mandela Day » pour commencer, « Waterfront », « Someone somewhere (in summertime) », « Alive & Kicking”, “Belfast Child”, tout cela dans le désordre, en deux temps, avec un Jim qui a trouvé la formule que ses camarades de l’époque n’ont jamais trouvée : deux choristes qui montent dans les tons, voire qui chantent à sa place, une batteuse exceptionnelle qui finit les morceaux debout, Charlie à la guitare pour sauver la formation d’origine, et une réelle joie d’être là, deux ans après la programmation initiale, deux ans passés, dit-il, à faire fructifier l’argent qu’on lui a donné et qu’on n’a pas repris, en gage de fidélité. Il est drôle, (toujours) beau, il est, disais-je déjà il y a sept ans, l’inverse de ce que Bono est devenu. Et puis surtout, en une seule phrase restée célèbre (« let me see your hands ! ») et répétée à l’envi, il te crée une union populaire à lui tout seul et en une seconde et demie, autorise tout le monde à hurler ses textes en yaourt, et laisse chacun de nous se prendre pour Bender, de « Breakfast Club », le temps d’un « Don’t you » de 15,26 minutes. Décor, lumières, son impeccable (une gageure, à la Halle), tout était formidable, hier et les Minds, comme nous, n’avaient pas envie de partir, ajoutaient un morceau, puis un deuxième, un troisième, finissaient par un « New Gold Dream » dont le refrain, seulement, ainsi, allez, que les courbatures de fin de soirée, et la gueule de bois de ce matin, rappelaient qu’on parlait là des années 81,82,83,84 (In English, please !).
Photo: Joël Cathebras
 
NB : J´avais raconté, ici, cet épisode de mon épreuve de philosophie, au Bac, pendant laquelle j’avais remarqué ma jolie voisine du rang d’à côté, deux places devant. Je crois qu’elle m’a permis de me tirer de cette épreuve, et d’aimer la matière au point, bien des années après, de l‘enseigner moi-même. Elle avait quand même dû remarquer quelque chose - pourtant nous n’avons pas échangé un mot - parce qu’une ou deux semaines après, nous nous sommes retrouvés, et reconnus, au concert de Simple Minds, au Palais des Sports de Lyon. À cette époque, dans les concerts, les mains se frôlaient un peu, puis les corps se rapprochaient d’autant et enfin, suivant l’humeur et la volonté de la demoiselle, les lèvres se touchaient et les langues se mêlaient. Ce soir, elle sera peut-être dans la salle, comme moi, mais notre histoire n’a pas dépassé le dernier rappel, il y a trente-six ans, et il y a peu de chances qu’elle reprenne : la vie a changé, depuis, les règles du jeu aussi. Mais j’aurai une pensée pour elle, dont je ne connais pas le nom.
Let me See your hands!

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02/05/2022

Comme dans une chanson de Springsteen.

En voilà une belle histoire que cette chanson, qui réunit deux copains de trente ans, Gérard Védèche & Eric Hostettler, et deux autres de quarante-cinq, Denis Simon et moi-même. Dans ce film de Paul Herfray, il y a du Franck Gervaise, également, et des caméos du Boss lui-même et de Olivia Capecchi. L'Amérique des autres. Enjoy!

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