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06/12/2020

Alterbiographie.

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C'est un travail de titan, mais je réunis tous les portraits que j'ai faits de mes amis, proches et rencontres depuis 2003, dans le projet, pour 2023, d'une anthologie de 101 Portraits de mémoire. D'ici là, à condition que je m'y penche un peu plus, les 14 portraits de Clara Ville auront vu le jour, avec des dessins de Franck Gervaise. C'est dérisoire, mais essentiel.

 

 

 

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10/11/2020

Infréquentable.

Il arrive parfois que la réalité dépasse la fiction, et qu'aucune explication ne tienne face à des enchaînements de malentendus, ou de déceptions, faut-il dire. Qu'une image renvoyée semble ne pas correspondre du tout à celle que l'on peut avoir de soi mais satisfait les autres dans celle qu'ils se sont faite : autant ne pas lutter et, à son tour, lâcher prise sur tout. Et faire le dos rond en attendant des lendemains dont on sait, en ces temps aléatoires, qu'ils n'arriveront jamais. 

Un constat bien sombre contrecarré par l'exercice que Dan Burcea, une nouvelle fois, m'a demandé de faire pour Lettres Capitales. C'est ICI.

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05/11/2020

AURELIA CROÎT.

Après avoir abordé une première fois le fait historique avec son premier roman, « Tebessa, 1956 », récit subjectif à la première personne d'un jeune soldat enrôlé pendant la guerre d'Algérie, Laurent Cachard revient, onze ans après, avec cette fois-ci un roman historique, « Aurelia Kreit ». Un ouvrage racontant les prémisses de la première guerre mondiale à travers le destin de deux familles juives-ukrainiennes émigrées. Ou quand la petite histoire rencontre la Grande. Une réussite.

couv-Aurelia-Kreit-550x803.jpgUkraine 1904 : deux familles dont les paterfamilias, Nikolaï et Anton, oeuvrent sur un site sidérurgique, fomentent en douce un plan pour échapper aux pogroms qui menacent de jour en jour leur judéité. Ukraine 1904 : deux hommes, à l'humanisme universel, parcourus par un altruisme naturel et ouvert sur d'autres cultures, voient également leur identité ukrainienne menacée par la Grande Russie de l'. époque, voisine de quelques kilomètres. Une Russie que n'a de cesse un certain Vladimir P. de vouloir remettre au goût du jour. Mais c'est une autre histoire. Quoique...

Anton Kreit, un homme bon et juste, suscite les jalousies, les rancoeurs et la suspicion depuis qu'il est passé contremaître. Du fait de ses origines juives, aussi.

Sa fille, Aurelia a donné le titre à ce roman fleuve, passant du mutisme de ses premières années d'enfance à l'affirmation d’un espoir renaissant, telle une clarté lumineuse déchirant le ciel obscurci, et à vrai dire réjouissante au sortir quasiment de deux décennies traversées par l'abjection et la barbarie qui déboucheront sur la première guerre mondiale au seuil de laquelle prend fin le récit. Nous sommes en mai 1914.

Une « Grande Guerre » dont on sent tout au long du récit les frémissements, l'avènement implacable. Une tragédie à laquelle participeront le père et la fille, chacun à leur façon, après avoir traversé le Continent et différents pays pour finir en France, patrie des droits de l'homme. Et plus particulièrement dans la Région Rhône-Alpes, haut-lieu de la production d'armement de l'époque. Après avoir subi, aussi, des tragédies intimes, humaines comme la mort de l’un d’entre eux, sauvagement assassiné, en pleine rue ; elles n'altéreront pas leur jugement.

                                                                  Un roman russe

Vous l'aurez compris, le roman de Cachard, qu'il voulait « russe », mêle la petite histoire à la Grande. A la façon donc de ces romans dont la portée universelle a marqué des générations de lecteurs. Ce à quoi pourrait bien prétendre celui d’un Croix-Roussien, parti avant la « gentrification » de ce quartier jadis populaire, au sens noble du terme.

La Croix-Rousse, dont l'auteur de ces quelques lignes partage modestement les origines : terre des Canuts et haut-lieu de l'industrie de la soie, des métiers à tisser, dont plusieurs pages du roman nous rappellent d'ailleurs la beauté méticuleuse. C'est d'ailleurs une des spécificités du roman que de nous confronter aux métiers manuels, à leur dureté mais aussi à leur technicité et à leur artisanat délicat, au gré des villes traversées par les familles, au travers le destin d'Anton. Ce dernier aura été tour à tour ouvrier dans la sidérurgie à Iekaterinoslav, puis dans une imprimerie à Vienne, ensuite dans les métiers à tisser à Lyon, enfin dans une usine fabriquant. des armes à Sainté. A chaque fois, on sent la pâte de l'auteur, lui-même méticuleux, attaché aux détails sans que cela ne soit pesant à la lecture. Un bel hommage en vérité au prolétariat.

A l'image du travail effectué sur le plan historique, des recherches accomplies concernant la découverte des diverses capitales comme Odessa, Vienne et Lyon et dont on ressent l'historicité, le vécu des populations, et dont on hume la fragrance âcre au vu de la montée de l'antisémitisme, en particulier dans la première partie ukrainienne assez stupéfiante par son rendu. 

Il ne faudrait pas cependant oublier que « Aurélia Kreit » est également un roman à suspens. Pas au sens du « thriller » policier mais à celui de « page turner ». En effet, la petite histoire, celle de ses deux familles émigrées fuyant l'oppression est haletante. On suit avec passion et effroi leur destin sans cesse remis sur la table des grandes destinées dont le symbole ultime sera la décision prise à la fin du roman par Aurelia de panser les plaies de la guerre et dont il nous faudra combler les trous de notre imaginaire, le récit s'arrêtant aux prémisses de ce nouveau départ, empreint d'humanisme, le poing levé à la face des belliqueux. RVB

16:53 Publié dans Blog | Lien permanent

15/10/2020

Jules-de-chez-Smith-en-face.

Capture d’écran 2020-10-15 à 17.58.52.pngAu même titre que le lieu s’étiole et se rend au silence, ce qu’il advient des autres, dans le monde de aujourd’hui/demain ou autre n’a aucune espèce d’importance. Pourtant, plus ici qu’ailleurs, j’en ai la prétention, l’on doit déplorer la fin d’un rendez-vous qu’on a pensé inoxydable : Kronix, c’est, ni plus ni moins, plus de dix ans de notes quotidiennes, comme son nom l’indique, c’est l’inspiration du Cheval de Troie et, puisque l’élan s’est fait à Genève, en 2008, puisqu’il est issu d’une vidéo d’une minute sur « Tébessa, 1956 », puisque la relation s’est fondée sur les ouvrages que nous avons sortis – et référencés l’un l’autre – plus d’une décennie durant, permettez-moi, alors, de pleurer la perte d’un repère supplémentaire. Je comprends, humainement, la lassitude du garçon, la difficulté de se renouveler quand, jour après jour, les échéances pèsent de plus en plus, entre le travail à rendre, celui à concéder, plus le questionnement de sa propre légitimité qui grandit. Kronix, je le dis avec beaucoup d’affection, c’était Jules-de-chez-Smith-en-face, en mieux : un pendant qui nous forçait à devenir meilleur, chaque jour. Evidemment, la dernière digue ayant cédé, l’idée même du blog quotidien se remet d’elle-même en question. Mais comme le Cheval est redevable de quelques années à son aîné, et comme, en gémellité, il ne fera – jamais- rien de ce qu’on attend de lui, c’est l’année 2021, promis, qu’il tiendra, comme avant, jour après jour, avant de s’éteindre, et de tomber dans un oubli qui, comme en face, on le suppose, mettra du temps avant d’oser faire son office.

 

 

18:03 Publié dans Blog | Lien permanent

25/08/2020

Ce monde n'est pas le mien.

A partir d’un moment, il faut tout essayer, jusqu’à la duplicité la plus complète : écouter en boucle des hymnes nihilistes et adolescents, s’essayer à un absolutisme plus fréquenté depuis des décennies, mesurer ce qui nous en a séparé, les lâchetés, les concessions, les abandons les plus multiples. Endosser la faute, psychanalytique, la difficulté d’être dépassé. Ecoper la souffrance qui vient de toute part et affecte les autres rapports, sociaux, familiaux. À quelques jours d’un anniversaire – de deuil – que je refuse de fêter, reconnaître que tout est dit, que les pertes sont parfois bien vivantes, assumées, et pas de notre fait. Ne pas savoir, non plus, quelles seront les étapes, prochaines, si le silence prendra fin. L’effet miroir est permanent, et l’art du portrait, que je ressortirai du placard dans quelques mois, n’est pas sans incidences.

« Tu vois, parfois j’ai l’impression que je peins pour me venger, de ne pas avoir été assez aimé de ne pas être reconnu comme j’estime devoir l’être. Je me venge des échecs que j’ai moi-même construits par auto-destruction. Mépris de soi réactivé, tu te souviens de la chanson ? C’est comme avec les femmes, je vais m’éloigner de celles qui m’ont aimé justement parce que j’ai peur qu’elles aiment un autre en moi, celui que je ne suis pas. On a suffisamment dit de moi que j’étais un séducteur pour ne pas me reconnaître dans ce portrait-là : comme si j’avais besoin, jusqu’à la fin, de me chercher. Il y a un brin de paranoia, là-dessous, parce que je reste au centre d’un univers que ceux qui me voient pensent être le mien, mais qui m’échappe, que je ne m’approprie pas. Toi, j’ai l’impression que tu écris par damnation : pas la tienne, non, celle de ceux qui t’inspirent. Si tant est qu’ils se reconnaissent dans l’exercice, ils n’y échapperont pas. Ni le temps, ni l’idée que le livre soit livre ne leur permettront de s’en sortir. Oh, ils s’en convaincront, mais une petite part d’eux-mêmes sait qu’il n’y a pas d’issue. Je la comprends, Clara Ville, qui n’avait qu’une crainte, finir tuée dans un roman. Mais il y a pire, finalement : que le peintre tienne le portrait, que l’auteur le réussisse et le portraituré sera redevable, dans sa vie et dans ses choix, de ce qu’on a dit et fait de lui. » Girafe lymphatique, le Réalgar, 2018

 

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23/08/2020

Nami.

Cedrus_libani_Lebanon.jpgIl faut savoir laisser du temps au temps, de Montaigne à Mitterrand, on connaît l’adage, dans ce pays. C’est l’émotion qui préside quand l’horreur et la fatalité frappent, comme elles ont frappé Beyrouth, cet été. Depuis, par l’action d’une photographie, nue, crue, comme la réalité, d’une femme ensanglantée, une femme que je connais – peu, mais que je connais – une mère blessée et une sœur meurtrie, la banalité se désincarne un peu plus tous les jours, et la mémoire agit, quand l’actualité n’est plus. On est nombreux à guetter les signes de vie, les hurlements dignes de cette femme, icône de son pays, souriante et pleine de vie, jusqu’au 4 août. Nombreux à attendre que reviennent des clichés qu’on ne verra sans doute plus jamais ; à espérer que le cedrus libani planté chez Sandro fasse de l’ombre à tout ce qui a entraîné le drame qu’elle a vécu, jusqu’à la perte d’un frère, pour qui l’arbre, là-bas, dans la montagne, a été planté. On ne peut, devant l’horreur, que compatir, envoyer des brassées d’amour fraternel, espérer comme des enfants que les choses s’arrangent, mais elles ne s’arrangent pas, les choses, quand elles nous prennent ce qu’on a de plus précieux. Nami, c’est un trop beau prénom pour mourir, et pourtant il est mort. Comme d’autres, sans autre raison que l’absurdité d’un système. On impose à ses proches de ne plus le considérer comme étant, mais ayant été, sans sommation, sans autre deuil possible que celui qu’il dicte, de là où il est, à celle qui le pleure. Et l’impératif catégorique, qu’il lui souffle, de retrouver son sourire. Pour lui.

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22/08/2020

Aurelia, je suis comme toi.

Le son n'est pas terrible et le propos non plus, mais ça existe et je remercie Philippe Georgeon et la médiathèque de Saint-Etienne d'avoir tenu ses engagements dans cette période trouble. On me murmure que le gros livre rouge part au retirage, du côté du Réalgar, mais je suis sûr que vous pouvez encore participer à sa diffusion. En l'offrant si vous l'avez aimé? Qu'on se comprenne bien: ce n'est pas pour moi que je fais ça, c'est pour elle.

https://lerealgar-editions.fr/portfolio/aurelia-kreit/

 

 

 

 

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20/08/2020

Qu'il est dur de défaire.

CM.jpgDrôles d’enchevêtrements que ceux qui composent les Roses fauves, le quatrième roman de la (toujours) très attendue Carole Martinez, une auteure rare dans les deux sens du terme. Un roman qui reprend l’argument de son premier ouvrage, le Cœur cousu, une tradition espagnole qui consiste à enfermer les secrets des femmes dans des espèces de coussins qu’on transmet de mères en filles (aînées) sans jamais s’autoriser à les ouvrir. On pourrait croire, d’entrée, à une forme de facilité – reprendre le sujet qui a fait votre succès - mais Carole Martinez va plus loin en entremêlant des récits, celui la mettant en scène elle-même, en résidence d’écriture à Trébuailles, au cœur de la Bretagne, celui qu’incarne Lola Cam (la boiteuse, en breton), la guichetière de la Poste, au village, laquelle détient, dans son armoire tueuse les secrets de toutes ses aînées, et particulièrement celle dont le cœur s’est décousu, s’offrant littéralement à la romancière. C’est celui d’Ines Dolores, de la lignée de toutes les Dolores puisque le même prénom a été donné à toutes les filles de toutes les générations, dans cette famille. Partie des terres d’Andalousie pour échouer dans les secrets sculptés d’une armoire bretonne. Dans les Roses Fauves, on assiste ainsi à une transmission permanente, traitée, par allégorie, sous le sceau du jardin et de l’évolution des roses. Au parfum âcre, busqué, fauve. Celui du père qui le mérite ou de l’amant qui les sublime. Ces cœurs où, écrit l’auteure, « nul n’est allé fourrer son nez », la romancière en résidence - qui n’écrira pas le roman sur Barbe Bleue qu’elle est venue écrire – en fait le sujet d’un roman qui réconcilie, sous sa traduction simultanée, Lola Cam, qui a renoncé à elle-même, et son aïeule, l’histoire qui les a engendrées toutes les deux. Une histoire folle, d’amour, d’exil et de mort eux-mêmes entre-cousus : une jeune fille qui donne au jeune anarchiste gisant sur le bord de la route l’amour qu’il se plaignait de n’avoir jamais connu ; il l’enfante en retour, jusqu’à ce que ce secret devienne tradition. Dans les Roses Fauves, on couche toujours avec des morts – disait Ferré – jusqu’au sein de leur mausolée. Et les histoires s’entrelacent, les unes dans les autres, celle de Dolores, aux chapitres d’abord numérotés puis laissés tels quels à l’approche de la mort, celle de Lola, aussi prolixe avec la romancière qu’elle est mutique à la Poste, laissant les Causeuses parler (en italique, dans le texte) pour elle, et celle, en filigrane, de l’écrivain, qui voit son sujet initial lui échapper au profit d’un autre, les fantômes de l’histoire la poursuivre jusque sur son chemin du retour, dans la nuit, et son imagination compliquer sa vie réelle, Laurent et les enfants laissés à Paris. En plus d’une histoire qui tient les routes multiples qu’elle emprunte, Carole Martinez nous offre, dans les Roses Fauves, une réflexion sur la fiction et la réalité (ce qu’on écrit dans un roman est toujours un peu vrai), avec une pointe de moraline sur ce qui serait autorisé ou pas dans l’exploitation de la vie d’un(e) autre, d’une « œuvre commune avec le personnage ». Le style lui-même est disruptif, comme le récit, les époques, les pans d’histoire. Au présent de narration, phrases courtes ou nominales quand l’auteure s’interroge, dans un mode plus élaboré, paradoxalement, quand Dolores livre la vie qu’elle a vécue sans finalité aucune qu’elle fût lue (j’écris ma vie que nul ne lira jamais)Qu’est-ce qu’on risque à découdre un cœur, s’interroge la romancière ; je suis la gardienne d’une histoire que j’ignore, lui répond Lola. Ensemble, elles en égrènent les étapes, ressuscitant des personnages colorés et atypiques, sur des terres celtes : Lucía, la Niña, les soleas, le Duende… Une Canción del jinete (lequel apparaîtra, en finale) en la luna negra du jardin : ¿Dónde llevas tu jinete muerto? Une femme morte dont le mari sculpteur veut retracer la beauté dans les arbres. Les parfums qu’on retrouve, que la mémoire recrée, aussi. L’écrivain et son personnage ont semé des graines qu’une seule des deux exploitera, dans un livre que, comme les autres, elle aura du mal à lâcher. On le suit dans l’histoire – malgré les avertissements (au lecteur) de l’ennui qu’elle pourrait susciter – comme dans la métaphore horticole, un peu de Murat en tête (« Vîmes roses trémières allumer un grand feu »), on ne se refait pas, et en plus ça correspond. On aime les deux Histoires croisées, l’espagnole en marche – jusqu’à la Retirada, dernier repère connu - la bretonne, sédentaire. On sourit aux clins d’œil à Miguel Hernandez via Paco Ibañez, moins aux souffrances que le pays a connues, ni à ses contes et légendes féodaux, cruels. Sommes-nous tous d’un même sang que la terre boit et recrache dans la couleur des roses ? interroge Dolores, dans son journal décousu. Les Roses Fauves interroge autant la mort qu’il redonne la vie, aux couleurs du jardin comme à celle qui accepte, au bout du compte, de le laisser en friche pour mieux renaître, de sortir de la droiture à laquelle on l’a condamnée, elle qui n’a jamais marché droit : elle casse les élastiques si peu élastiques qui la contraignent. Là encore, on est en droit de se demander si l’auteure ne parle pas d’elle-même, comme Esclarmonde, dans son Domaine des murmures, parlait aussi d’elle-même, et de toutes les femmes. La fin, la chute, je ne les dévoilerai pas ici, je les laisse au lecteur. Qui ne dissociera plus l’auteure de son héroïne, et vice-versa. C’est l’ambition de l’écriture. En ce jour de sortie, qu’elle soit rassurée : le quatrième découle des trois autres, et n’en rougira jamais que comme rougissent les roses : ça s’appelle une œuvre. Comment fonctionne l’oubli ? demande Nelly, la logeuse, vers la fin. Pas comme ça, lui répondrais-je, en fermant le livre.

Carole Martinez - Les Roses fauves, Gallimard, 21€      Sortie aujourd'hui.

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