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30/08/2014

Sète arrivé près de chez vous.

Tous les jours, donc, tout au long de mon séjour ici, j'aurai été, une fois la nuit tombée, à heure variante - entre 21h et 2h du matin -  le seul énergumène à pénétrer, sans hésitation, dans l'eau froide de la Méditerranée, pour nager, me ressourcer, aller trouver le lien entre la mer de la nuit et celle du matin, profiter des lumières de la ville et celles des étoiles, être un élément parmi d'autres, sentir qu'à tout moment, ma vanité peut se rappeler à moi. Faire le point, aussi, de ce que je suis, de ce que j'ai fait, dans l'année écoulée. M'évaluer et m'apprécier plus justement que je peux le faire sur la terre ferme. Tant que je vivrai des leçons de cet ordre, je n'aurai jamais froid dans l'eau.

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29/08/2014

Siete.

Capture d’écran 2014-08-29 à 17.51.13.pngMes deux amours réunies sans jumelage, les villes de Sète et celle de Séville, pour une exposition au Musée International des Arts Modestes, un MIAM toujours goûteux, ici, pour ceux qui se souviennent du cimetière marin revisité, l’année dernière, par l’équipe de la Présipauté de Groland. « Fin de fiesta a Sevilla », donc, pour un expo somme toute banale, sauf quelques oeuvres, mais surtout, surtout, un documentaire consacré au Baile Flamenco avec Israel Galvan, le plus félin des danseurs, qui travaille son équilibre sur un plancher large comme une poutre, mouvant, l’obligeant à s’adapter au moindre des mouvements du sol. Quand je danse sur le sol, il ne me répond pas, dit-il. Alors, j’en ai créé un auquel je puisse parler. Le flamenco est une âme: la technique ne suffit pas, il faut que quelque chose se dise.

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28/08/2014

Sète un beau roman.

Un pet de l'esprit peut-il compenser, ce soir, une absence de note? Et si je vous dis qu'aujourd'hui, dans un jumelage étonnant, j'ai rencontré Israel Galvan, un des plus grands danseurs flamenco de tous les temps, je suis excusé? Ou si je raconte que le bluesman qui m'accompagne est tombé, en slip de bain (mode Amalric dans "Comment je me suis disputé") sur un excellent joueur de Koumbri , je passe pour un fabulateur? N'est-ce pas là la meilleure définition du romancier?

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27/08/2014

Sète encore l'été.

Il y a la vérité de la plage, celle des corps, celle des couples, celle de l’usure du temps. Il y a celle des magazines, des livres qu’on y lit. Il y a la vérité des jeux de raquettes, des comportements consuméristes, des déchets qu’on laisse en partant, des mégots jusqu’aux gobelets plastique qui termineront leur vie dans le ventre des dauphins. Il y a la vérité du soleil sur la peau, celles qui ne le supportent pas, celles qui l’ont tant aimé qu’il leur laisse en cadeau de rupture un cancer ou des rides précoces. Il y a cet infini sans cesse renouvelé, ce bruit qui, quand on nage loin du bord, s’étouffe, s’étiole et nous remet en face de l’élément, de ce pour quoi on a oeuvré dans l’année qui s’est écoulée.

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26/08/2014

Sète extra.

Sète plage.jpgIl y a à Sète un esprit prolétaire qui m’a toujours plu: non que je m’en revendique, mais il a au moins le mérite de m’éviter le luxe et l’ostentation de la Côte-d’’Azur. J’y arrive quatre ou cinq fois dans l’année, désormais, avec l’agréable impression d’être chez moi, puisqu’on a vite fait le tour des lieux, des cantines, des plages.  A chaque épisode, je décide d’une visite de tel ou tel musée, ou d’un des deux cimetières marins - dont l’un l’est moins que l’autre, d’après la chanson - ou pas: le plus important, dans les villes dans lesquelles on revient, souvent, c’est de ne pas se laisser dicter sa conduite, de faire selon l’humeur, le vent, ou l’appétit! Il n’y a que dans les endroits de passage qu’on se presse, et qu’on rate tout à vouloir tout voir. Ici, je me laisse porter: aujourd’hui, j’ai fait la connaissance du meilleur fabricant de tielle de la ville, ce qui n’est pas rien. On s’est arrêté, on a discuté, des voyages, de Cuba, d’autres choses. Puisqu’il était tard, on a réservé ses tielles pour demain, qu’on mangera sur la terrasse, en se demandant s’il est une autre façon, plus signifiante, de prendre le temps.

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25/08/2014

Dyscalculique.

Dans « 3X8 », qui s’annonce donc, il y a tout un tas de calculs destinés à perdre un peu l’auditeur ou le spectateur (le lecteur, lui, laissera son cerveau poser les multiplications ou les soustractions) et à renforcer l’effet comique. Un comique absurde. Il n’empêche, puisque c’est son rôle et que j’en ai déjà parlé, il a fallu les reprendre un par un, ces calculs, avec l’éditeur, les simplifier, les vérifier, puisque, si mon imaginaire est fertile, mes mathématiques sont souterraines. Ce qui l’accable, par ailleurs, plus encore que quand je confonds le blé ou le maïs dans « la partie de cache-cache », roman dans lequel, déjà, j’avais eu des problèmes avec les intervalles, pour calculer l’âge de l’invité-mystère. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’un jour, alors qu’il me fallait, en pleine préparation d’une paëlla, multiplier par deux et demi la dose de riz pour définir celle d’eau à verser dessus, j’ai appelé toute ma fratrie à ma rescousse et qu’à trois, affichant, chacun, un bagage universitaire conséquent, nous parvînmes à trois résultats différents. A part ça, je travaille.

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23/08/2014

Mensonge personnel.

Il faudrait qu'un jour, un auteur raconte vraiment ce qu'il est capable de faire pour échapper à l'écriture. Les myriades de prétextes, d'excuses, de reports, d'élans brisés. Toute l'auto-conviction dont il est capable pour dire que ce n'est pas sa faute, les séries télé abrutissantes avalées en rafale, les jeux vidéos datant de l'URSS justifiées par la réminiscence (ben voyons). Le bureau mille fois rangé avant de commencer, trop tard pour commencer vraiment. Le lendemain comme ligne permanente d'horizon, surtout celui d'après. Le véritable inventaire de ses talents, c'est la somme des histoires qu'il se raconte, pas seulement celle qu'il donne à lire.

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22/08/2014

Job Center.

10585059_10152621782634696_1896209688_n.jpgC’était la sixième fois, aujourd’hui, que je me retrouvais en face à face avec mon éditeur, dans le salon de sa maison de Dijon, pour relire un texte en vue de parution. Un texte théâtral, court, trois fois huit scènes sur le travail et les dérives de sa valorisation morale: un texte ciselé, déjà maintes fois relu, qu’il m’a demandé de venir retravailler, une fois de plus. Une contrainte nécessaire, tant sa lecture est rigoureuse, et tant son aval, au bout du compte, fait office de quitus, une fois le livre édité. Parce qu’après, il est trop tard. Je souhaite à tous ceux qui écrivent de rencontrer un éditeur comme celui-ci, dût-il être mal diffusé. C’est le seul tremplin qui devrait exister pour une distribution plus large, après: c’est en tout cas le chemin que j’ai pris, et que je ne regrette pas. Parce qu’à chaque épisode, j’ai la même appréhension de l’apprenti devant son maître: il a été mon formateur de philosophie, c’est lui qui m’a demandé, quand il s’est lancé dans l’édition, si mon manuscrit sur l’Algérie était encore disponible. C’est lui qui va éditer, pour la fin septembre et le salon du Clos-Vougeot, « 3X8 », donc, ma trilogie théâtrale au vitriol. On a beaucoup palabré, recompté, ri, aussi. Il m’a confié, alors que je partais, un exemplaire du dernier recueil de nouvelles qu’il a édité, après mon « Gros Robert », plus, sans doute, le pire manuscrit qu’il a reçu, pour que je constate que son métier n’est pas de tout repos: les réminiscences corses d’une jeune exilée, qui se remémore le saucisson de son village. J’ai des amies sur l’île de Beauté: je tiens les meilleurs feuillets à leur disposition.

PS: écrire, c’est effacer, éditer, c’est choisir. Le dessin de Casoli, Sisyphe moderne sur sa montagne de travail, n’a pas survécu à la journée: l’éditeur veut privilégier, pour le théâtre, une couverture sobre, sans illustration, quelque chose d’intemporel. Je sais - et je lui dis - qu’il a raison neuf fois sur dix. Je le garde donc pour moi, et, au nom d’Olivier, l’auteur, vous l’offre.

 

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