Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/04/2020

Tempus fugit.

sablier-dessin-anime-isole-fond-blanc_67515-114.jpgAu IIe siècle avant Jules César, le début de l’année fut déplacé du 1er mars au 1er janvier. L’année 46 avant J.-C - en l’an 708 de la fondation de Rome, l’ère chrétienne datant du VIe s. apr. J.-C. - dite de la confusion, Jules César ajoutant 90 jours aux 27 du mensis intercalaris (pour ramener le calendrier en concordance avec les saisons) comporta donc 445 jours. Le retard du calendrier julien - adopté par la Chrétienté, resté en vigueur jusqu’au XVIe siècle et toujours utilisé par l’Église orthodoxe – sur le grégorien est actuellement de 13 jours ; En France, par lettres patentes de Henri III, on supprima 10 jours en décembre 1582, toujours pour rétablir la coïncidence du début des saisons aux dates assignées et le dimanche 9 décembre 1582 eut pour lendemain le lundi 20 décembre. Plus récemment, la conjugaison de la sexualité d’un pangolin et de l’impéritie du pouvoir politique vit le 11 mai succéder au 14 mars.

16:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/04/2020

Diabolo grenadine.

Beau cadeau, encore, que cette reprise très personnelle du "Café des Ecoles", un des tubes de la comédie musicale que nous avons écrite avec Eric Hostettler il y a dix ans. Il sera temps, un jour, de s'y pencher de nouveau, accepter qu'on a fait le travail à l'envers par excès d'enthousiasme et lui trouver des interprètes professionnels. En attendant, c'est Jean-Christophe Géminard qui, après "l'Embuscade", s'aventure du côté de la (fausse) bluette. Merci à lui. En attendant "Au-dessus des eaux & des plaines"?

12:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/04/2020

Je ne veux pas qu'on m'aime.

Contresens.jpgL’exercice paraîtra autocentré, c’est l’inverse. Ça consacre toute une vie d’écriture, n’en déplaise à l’autre imbécile d’ancien ami qui me retrouve sur FB pour me reprocher deux semaines après de me revendiquer écrivain. Sans rien savoir de ce que ça nécessite comme sacrifices et, dans mon cas du moins, comme pesanteur dans le rapport au temps. Et puis un jour, comme ça, gratuitement, on récolte. De grandes ou de petites choses, ça n’a, en l’état, que peu d’importance. Quand Aurelia Kreit, le groupe, me dédie « le cœur en croix » sur scène, le 28 septembre, c’est pour remercier le romancier d’avoir maintenu à flot trente ans d’une vie qu’on croyait perdue. Quand on continue de me parler de Tébessa, que des répliques musicales de l’Embuscade arrivent d’un peu partout, c’est parce que 50 ans de la mort d’un homme ont été bousculées par l’œuvre d’un petit roman, qui a marqué son temps, lui aussi. Alors, quand, dans ses sessions acoustiques du confinement, Balmino me réserve son « J’écris », j’ai mon petit cœur qui palpite et me rappelle mon suicide au long terme par succession d’émotions. Je veux depuis longtemps parler ici de cette chanson, dont les gens qui m’aiment pensent que je l’ai écrite, dont le moindre détail me parle comme peu d’autres le font. Evidemment, la mise en abyme est évidente, mais cette place, à l’arrière-plan de la rive gauche, cette beauté des perdants – qu’il me pardonne – le doute, les peines, les amours qu’on perd et qui inspirent, le temps qui passe, tout est dit dans cette chanson. Les fêlures, les accidents, la certitude non pas d’avoir raison, mais d’avoir conscience que la raison, la seule, est là, et qu’il faut qu’on le croie. À un contre cent, contre ces amis qui l’ont oublié, parce qu’il en disait trop sur eux, sans rien dire. Le rythme de la chanson recrée le tourbillon de l’acuité, et c’est ce qu’on attend des artistes. Même s’ils ne peuvent rien expliquer du phénomène, juste l’interpréter, à leur façon. Et celle-ci est prégnante. Rien d’étonnant, dans ses tours de chant, qu’on retrouve les Dimey, Leprest, Desjardins, Annegarn et autres losers magnifiques. Qu’il aille, parce que sa voix s’y prête, chez Cave, Waits, Cohen, Dylan, Springsteen. Sans le connaître, je m’y reconnais, c’est ce qui fait le lien. Et on est nombreux à les refuser avec lui, les règles du jeu que d’autres veulent fixer. Quand la vie aura repris, il sera temps d’aller boire un verre avec un type comme lui, balayer les malentendus que les tribus d’avant ont trop longtemps colportés, à tort, à raison, on s'en fout. Refaire le monde un moment, comme dans une vieille chanson de Renaud, qu’il a repris, récemment. Ressuscité, plutôt. J’ai juré à JC que je lui glisserai un mot de Fred Vanneyre : ce sera un façon supplémentaire de m’arranger avec la question de l’âme.

Contresens, le sublime album live, est toujours en vente ICI. Les artistes ont plus que jamais besoin de nous, mais moins qu’on aura jamais besoin d’eux.

13:11 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/04/2020

Vanneyre 2022.

Il fallait un nouvel écrin à cette chanson réorchestrée – il y a prescription, on peut dire maintenant que l’harmonica bousille tout l’album de NADA – bidouillée de longues heures par Eric dans son studio : il faut dire que Fred Vanneyre, s’il a été l’ami absolu, l’alter-ego, n’a pas été un client facile, en refusant de dissocier, dans les prises, la voix de la guitare. Faites le décompte vous-même : il faut retravailler toutes les pistes, effacer l’arrière-plan acoustique en gardant le chant, repiquer les partitions de guitare, gommer l’harmonica, donc, le remplacer dans le spectre par une deuxième gratte, un petit gimmick qui nourrit le volume. C’est de la réécriture, mais elle est nourrie par l’envie extrême de ne pas laisser mourir une pareille chanson. Et puis, des années après, par le biais d’un autre protagoniste de la période, on retrouve 11s. d’un rush vidéo, vestige d’une époque où les téléphones ne filmaient pas, où l’on pouvait disparaître sans laisser d’autres traces qu’une ou deux photos par ci, et des textes par là. Ces textes-là, les autres, il va falloir qu’on les ressorte, un par un, qu’on convainque des chanteurs de venir poser leur voix sur du Vanneyre, de faire revivre, sur du velours, les chansons d'un Leprest qui n’aurait pas eu le temps. Quoique, une chanson comme « Nocturne », écrite à 20 ans, m’a toujours complètement subjugué, et m’a fait m’interroger sur la possibilité qu’il ait en fait tout dit, mais en très peu d'années.

11 secondes d’une vie retrouvée, transformées ici, et lâchées de nouveau.

15:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/04/2020

L'esprit d'Eloise.

QA.jpgIl ne faudrait pas qu’elle passe inaperçue, la sortie de « Quantifier l’amour », le deuxième album d’Eric Hostettler, onze ans après « l’Eclaircie », qui ouvrait notre collaboration, après un premier travail autour de la musique de Fred Vanneyre. J’appréhendais presque de le recevoir, parce qu’une telle abnégation, un accouchement pareil, ne se reproduira sans doute pas, même s’il ne faut jurer de rien. Si le dehors, aujourd’hui, est en suspens, il reste la mémoire, le souvenir, ces chansons enfin délivrées, comme « l’Embuscade », écrite sur un coin de table le lendemain de mes 40 ans, interprétée sans filet à Bloye, lors de ma première rencontre Lettres-Frontière, la mini-tournée qui a suivi, ces chansons qu’on enchaînait, un texte dans une boîte virtuelle, le morceau le lendemain. Mon rêve d’être le Djian de quelqu’un, réalisé. Et ces 400 coups, toujours, partout. QA débute par « Pas loin de la soixantaine », dont il a fallu modifier le texte d’une décennie, pour qu’il colle à l’actualité. Pari audacieux, morceau long, comme celui qui bouclait « l’Eclaircie »… Bel équilibre dans la compo, mixage & mastering réussis, malgré la sensation que l’acoustique lui correspond mieux, à l’Hostet’. Que la parenthèse connue avec Gérard Védèche pour « Littérature & musique » est bel et bien refermée. Mais c’est son choix, son expérience solitaire des milliers d’heures passées dans son studio. Le pire, c’est que ça marche, sur le titre éponyme et son ping-pong en filigrane, sur « mon ex », une des deux chansons qu’il assume totalement, auteur-compositeur-interprète. A se demander, du coup, s’il a encore besoin de moi, qui signe huit des onze titres du disque.

La bascule, dans l’album, c’est « Vanité des vanités », la plus belle de toutes, selon moi, qui colle au timbre d’Eric, à la fatalité qui s’est emparée de nous, de nos amours respectives, nos concessions, aussi. Tout ce qui peut se passer, en dix ans.

L'album s'écoute ICI, mais pour défendre la création, il est préférable de l'acheter.

Pour obtenir le CD  (classique en blanc 15€ - série limitée à 45 exemplaires, en noir 20€)

Envoyez un chèque ou un virement à :
Eloïse production
185 chemins des Sizes 01200 Eloise
pour le virement :
IBAN : FR76 4255 9100 0004 0212 8070 237
BIC : CCOPFRPPXXX
Un mail avec le numéro choisi (pour le CD noir numéroté)
Le nombre de CD désiré
Votre adresse postale pour l’envoi à :
eloiseprod@gmail.com

10:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/04/2020

L'Embuscade.

Le dernier plan de cette vidéo - très Gérard Manset - est éloquent : le chanteur, déjà dans une semi-pénombre, se retourne du côté du contre-jour et on ne le distingue que très peu. C’est une des particularités de Jean-Christophe Géminard que d’être très discret et observateur, jamais dans le manifeste. Alors même que le bonhomme est impressionnant à lui tout seul, indépendamment de sa (très) belle gueule : scientifique de renom, habilité à encadrer des recherches post-doctorantes à l’ENS de Lyon, il aurait pu inspirer mon Gros Robert si celui-ci n’avait pas été inspiré par un ami commun. Il est déjà venu chanter pour moi, JC, quand j’ai présenté la Girafe à la Balançoire, s’était, là aussi, presque excusé d’être là, avait glissé une ou deux confidences, notamment sur la perte récente de son père, qui lui avait connu l’Algérie. Ce soir-là, sous l’effet du trac – et de l’humour potache d’un écrivaillon qui devait s’agacer qu’on ne centrât pas, ce jour-là, l’attention sur lui - il avait, disons-le, raté le rendez-vous avec cette chanson qu’il s’est appropriée, et qu’il joue un peu partout, dès qu’il le peut. L’Embuscade, jusque là, je disais que seul Eric Hostettler, son compositeur, pouvait la jouer, tant elle épouse la fragilité du timbre et de la vie. Elle sortira, plus de dix ans après son écriture, sur « Quantifier l’amour », dans sa version définitive. Elle existe aussi ICI, telle que le quatuor « Littérature & Musique » l’a interprétée en librairie, en galerie ou en concert privé, il y a un siècle. Et depuis hier, alors, sous cette forme.

NB: ce morceau, longtemps promis, est arrivé hier en plein 11e épisode de mes lectures du confinement. Je lis en direct, en FB live, les 19 chapitres de "Tébessa, 1956". Avec fragilité et approximations, revendiquées. J'en ferai, après, un enregistrement audio que je rendrai disponible.

09:34 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/04/2020

Les embrassades.

Il y en avait de toutes sortes, celles qu’on faisait du bout de lèvres, par convention, et puis celles qui remontent à la surface, en ces temps troubles. Dignes des premières bises qu’on a faites à l’école, quand on restait une seconde de plus en attendant de passer à l’autre joue, comme pour marquer l’instant. Les marques d’une amitié enfin avérée entre hommes, entre artistes, aussi. La confusion permanente sur le côté où commencer, surtout dans les régions où le rituel est impair. Mais une embrassade, au sens littéral, c’est autre chose, encore, c’est poser une main forte sur l’épaule de l’autre quand on noue le contact, s’arrêter vraiment sur la personne qu’elle est et qu’il nous plaît de voir, de croiser, de retrouver. C’est la marque d’un ancien amour jamais perdu, une appropriation momentanée, c’est tout ce qui fait que l’on se sent vivant, social – au sens noble. C’est l’homme un peu attablé, dirait cet imbécile de Claudel (Paul). C’est aussi, quand il le faut, la marque de l’au-revoir, celle de l’adieu, parfois. Je pense à ces personnes qui ne peuvent pas embrasser leurs proches, ceux qui s’en vont. Sans doute la pire des damnations.

11:57 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/04/2020

Neiges d'avril.

eloise prod.jpgLa période est propice à la collapsologie personnelle, soit. Après « l’école buissonnière », hier, voilà que l’Internet mondial – comme l’a toujours appelé une amie chère – propulse aujourd’hui une actualité bien désuète, si l’on peut dire. Parce que « Quantifier l’amour », cette chanson, elle a dix ans, me ramène à la sortie de « la partie de cache-cache », à Cluses, dans la librairie « Jules & Jim ». Une soirée rendue inoubliable par la neige qui nous a coincés dans l’auberge, plus avant par l’accueil qui a été fait au roman, par mon interprétation-surprise, en hommage à mon hôte, du « Tourbillon de la vie » - dont s’est souvenue une des convives à la mort de Jeanne Moreau ! – et la première fois que ce titre-là a été chanté en public. Dans la vidéo d’époque, on entend un homme – dans ma mémoire, il est très grand, très fort, très amoureux de la libraire aussi – lâcher un « woooh ! » impressionné, dès après la dernière note. Dans mes souvenirs enneigés, il y a aussi cette question qui s’est posée un jour, au petit matin, quelques semaines avant, comme une provocation, la somme des amours qu’on a vécues, et l’association qui tombe, dans la bouche d’Eric (Hostettler) : « Peut-on le quantifier, l’amour ? ». Il faut une dizaine de minutes et un coin de table à un auteur pour faire le reste. Accessible aujourd’hui, alors, dans une version qui n’est pas celle que j’aurais choisie moi, mais ça, ça n’est pas (plus) de la partie de celui qui écrit. Ça reste bien en tête, au bout du compte. Et puis la voix de Valeria, et ce film de Cédric Kahn...

Vous pourrez bientôt commander l'album, à venir, ici : j'ai écrit 8 des 11 chansons. Originellement, il devait y en avoir 12, dont 9 de mes textes, mais l'un d'eux - que je disais moi - a été coupé au montage. J'y reviendrai.

 

11:03 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |