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28/04/2018

Wet & Wild Dragons.

Capture d’écran 2018-04-28 à 02.36.20.pngJe ne commencerai pas par l’abyme habituelle du prétexte d’en avoir déjà parlé. Je ne dirai pas non plus le déroulé d’une grosse semaine de vacances m’ayant mené de Oléron à Jassans-Riottiers, trois ans après, pour y (re)voir ce groupe que je suis depuis un bon quinquennat, sur lequel j’ai beaucoup écrit, mais pas tout dit. Parce qu’il fallait retrouver le duo devenu trio dans des circonstances moins idylliques que celles dans lesquelles il a passé le mois de mars (en folie) à sillonner la Chine devant des publics nombreux – pléonasme – et enthousiastes. Là, dans le Centre Culturel de Jassans, restée célèbre pour les avoir reçus par une température caniculaire, photos de Vincent Assié en témoignant, en 2015, l’ambiance était plus crépusculaire, entre abonnés un peu curieux et habitués. Des salles comme celles-ci, il faut aller les chercher et, fait exceptionnel, David et Michaëla ne s’en sont pas cachés, hier soir. Pourtant, les spectateurs passifs auraient pu, avec un peu de curiosité, se rendre compte de la chance qu’ils ont eue de récupérer le combo à ce niveau de jeu et de complicité avec Polito, le batteur dont, dit Michaëla, la moitié de la Chine est tombée amoureuse. Comprendre le niveau des arrangements avec lesquels il interprète les morceaux de son dernier album, « l’Eté », dont le titre éponyme, hier, m’a singulièrement marqué. Fergessen alterne les morceaux rocks et les ballades, clavier et airs mineurs en support, mais on sent qu’il manque quelque chose à David, qui ne flanche pas et va solliciter, par les breaks, les reprises, les solos énervés. Michaëla en trébuche, mais suit, reprend, s’allonge au sol, annonce qu’ils sont heureux d’être là, quel que soit l’avis, sur le concert, de ceux qui y assistent. Paul, le Monster - mélange, écrivais-je, de Animal, le batteur fou du Muppet Show et de Keith Moon - est sur sa planète ; parfois, les deux autres semblent s’en remettre à lui, à court de solutions. Il y a un peu de rage dans la posture, elle est partagée par ceux qui savent pourquoi ils sont venus, pourquoi ils reviendront : on ne fait pas plus boire un âne qui n’a pas soif qu’on peut convaincre des personnes venues par hasard qu’elles vivent quelque chose d’exceptionnel, à ce niveau de chant et de jeu. Le son n’est pas très bon par ailleurs, et l’ingénieur n’y est pour rien. Mais peu importe, all's well that ends well : le finale du concert, lancé par « Eleonor Rigby », magnifié par ce « I want love » qu’on reprend encore, ces jours-ci, de Pékin à Canton, est aussi repris à tue-tête, enfin. Le groupe peut quitter la scène sur « les Amants » qu’ils sont toujours, il aura fait le job, mais ça aura été dur. On ne décide jamais à l’avance de ce qui va fonctionner ou pas. Michaëla précise : la phrase, « Cool, restons détendus », c’est la plus conne qu’ils aient écrite, mais c’est celle qui reste le plus. « Ce qui est con est profond », en déduit David, le philosophe-bretteur. Rien n’est jamais simple pour les rebelles. Mais la fidélité compte, la permanence aussi : les Boom-Boom de la pédale de Paul n’auront jamais autant résonné qu’hier. En septembre, Fergessen reviendra à la Casa, dans des contrées moins indifférentes. On y sera. Même s’il n’y a plus aucune chance, je sais qu’on essaiera encore. Et encore.

02:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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