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24/01/2016

Miettes philosophiques.

La première étape de l'acceptation de la mort, c'est le tour imbécile que prend la vie.

10:33 Publié dans Blog | Lien permanent

23/01/2016

CDG.

Ceux qui postulent aujourd’hui défendront demain leur pré carré contre les impétrants du même genre : les mandarins sont toujours en place, à se congratuler, se décorer et se satisfaire de tous les artifices qu'ils ont créés. Mais on ne les lit plus: leurs livres sont creux et boursouflés, comme leur existence.

17:54 Publié dans Blog | Lien permanent

22/01/2016

Laisser-aller.

Cette fierté qu'il éprouve à laver les carreaux sans avoir à monter sur un tabouret, que ne l'éprouve-t-il pas quand on lui demande, au supermarché, de voiturer les boîtes de corn-flakes du dessus?

(Désolé)

(D'un autre côté, tout le monde - oui, d'accord, pas tout le monde - s'en fout quand je m'arrache un peu, alors...)

14:12 Publié dans Blog | Lien permanent

11/01/2016

Dans les creux.

Je n'ai jamais écrit, toujours reproduit sur le papier les phrases qui défilaient dans ma tête comme les bandes sous les yeux d'un comédien qui fait des doublages. Il faut croire que le concierge du studio s'est barré avec les clés.

17:36 Publié dans Blog | Lien permanent

10/01/2016

Cette appartenance.

Capture d’écran 2016-01-10 à 09.20.58.pngIl y a quelque chose de curieux dans la collaboration artistique : une fois qu’un binôme est créé, qu’il s’est trouvé et – surtout – qu’il a reçu l’aval d’un éditeur, de lecteurs ou, dans ce cas précis, de spectateurs, il est important qu’il se retrouve, ponctuellement, pour continuer de faire œuvre. La possessivité ne mène à rien, l’appartenance, par contre, fait sens, à plus forte raison quand elle se fait rare. En 2016, heureuse surprise, les chemins du Réalgar et de Jean Frémiot se croiseront, pour une exposition du travail de Jean, et j’ai été embarqué dans l’affaire, pour l’édition, revue et corrigée, d’un travail que j’avais imaginé pour Jean il y a quelque temps, qui était, comme bien d’autres, resté dans un tiroir. « L’insecte et le Sacré » est un texte qui me tient à cœur puisqu’il illustre la série sur l’Abbaye de Noirlac, dont une des photos illustra « la partie de cache-cache ». Un moyen de nous réunir, à peu de frais pour le lecteur (12€ pour de très bonnes reproductions des photos de Jean !), d’une valeur inestimable pour nous : la façon, aussi, de nous laisser repartir l’un et l’autre sur nos chemins respectifs, avant qu’on se retrouve, artistiquement, un jour ou l’autre. Sur la route.

En attendant, ami passant, tu peux toujours (et encore) commander ton exemplaire de Paco, si tu ne l’as pas eu. L’offrir s’il t’a plu. La démarche n’est pas compliquée, et son effet est important, pour moi comme pour l’éditeur : c’est ici.

10:21 Publié dans Blog | Lien permanent

09/01/2016

Dévaler la dune.

C’est venu comme ça, comme une évidence. Un appel en soi, une alerte. La conscience de ne pas être à la bonne place au bon moment, de devenir quelqu’un d’autre que soi. Le salaud sartrien dont on a vaguement entendu parler, il y a longtemps. Ça a commencé dans le métro, continué devant les vitrines illuminées, aux badauds agglutinés, mais ça n’avait rien d’un dégoût, rien, non plus, du burn out inventé pour se prévenir de la dépression. C’était diffus, une espèce de vague malaise devant les êtres, les discours, les actes vains. Les achats compulsifs, les retraits mécaniques, les calculs de fin de mois, les emprunts à taux fixe. L’idée a grandi qu’il y avait sans doute un autre moyen, une autre vie possible, à l’air libre, aux seules contrariétés naturelles : la pluie, le vent, la neige. Plus de gris, plus de périph, de couronne, de contingences partout, mais de la marche, des feuilles qui collent aux pataugas, le sable qui s’immisce partout et devant lequel, quand on nettoie, on sourit parce que les autres paient, pour ça, au même moment de chaque année, en plus. Un rendez-vous avec soi, quitte à ce que ce fût seul, ou autrement, une alternative, une façon différente, à chaque seconde, de voir la vie. Telle qu’elle est, à chaque lever du jour, sur la mer, à chaque crépuscule aussi, annonçant une nuit noire comme on ne l’avait encore jamais vue.

16:54 Publié dans Blog | Lien permanent

08/01/2016

Lumière.

L’idée de garder les guirlandes d’une année sur l’autre lui avait paru une façon suffisante d’éviter que la mort s’en mêle.

19:05 Publié dans Blog | Lien permanent

07/01/2016

Soulage à Sète.

IMG_4625.JPGIl y a toujours deux façons d’aborder un événement subit : on peut pester contre la Terre entière de ne pas avoir été prévenu, ou apprécier qu’une journée pût être illuminée sans qu’on l’ait envisagé. De trouver l’annonce d’un concert de Guillo dans ma (nouvelle) ville, de voir les affiches ornées des mots que j’ai écrits pour lui fut la belle surprise du jour, prise comme telle. J’ai découvert le lycée des métiers, dans la salle polyvalente duquel le Tour sous les toits sétois du Monsieur était organisé, par l’action conjointe de ID of Arts, présidée par Yvette Gallinaro, et le lycée lui-même. ID of Arts, dans ce que j’en ai compris, est un mécénat qui amène l’Art dans l’entreprise et dans d’autres lieux atypiques, à en croire sa fondatrice. Un assemblage qui a conduit la création de « Corps Distants », par Jean-Jacques Di Tucci, pour 2 cors et 12 percussionnistes du Paris Percussion Group, à l’occasion du festival FMAJI, l’année dernière. Qu’un tel organisme s’intéresse à Guillo ne peut être qu’une bonne nouvelle : le chanteur d’Amou est un de ces auteurs-compositeurs-interprètes que je n’ai eu de cesse d’écouter depuis que les routes de Gérard Védèche, Nicolas Vitas et Fergessen me l’ont fait rencontrer. Un artiste pour qui j’ai écrit des lignes, certaines parues, d’autres non, une biographie, des chroniques, une nouvelle, même. Qui nous a hébergés chez lui, dans les Landes, pendant l’épique tournée à la Moutète, pour le Poignet d’Alain Larrouquis. Guillo dans ma ville, à quelques encablures de la sortie de son deuxième album, dont j’ai eu la chance d’écouter la maquette d’abord, puis la version numérique réservée à ceux qui l’ont aidé à le financer via une plate-forme participative. Un album enregistré dans les Vosges, sous la houlette de David Mignonneau, l’oreille critique de Michaela Chariau… Un Guillo en mode roots quand même, avec un beau tapis de scène mais un éclairage artisanal, en équilibre instable : les bonnes volontés ne font pas forcément les meilleurs plateaux, et les loges n’existent pas, mais c’est aussi à ça qu’on reconnaît les talents, quand on dépasse les écueils et quand on tient une scène seul, guitare, harmonica, programmation. Une petite heure de musique avant le dîner des mécènes, des morceaux inédits (dont un superbe texte sur la Palestine, signé Fox Kijango, me dira-t-il après), des morceaux du premier album, « Super 8 », écouté en boucle, jusqu’à saturation, récemment, quand je montai une vidéo sur « Que restera-t-il de tout ça ? », une des chansons que j’ai panthéonisées (et que j’ai chantée avec lui en duo un jour, eh ouais). Des chansons de « Soulage », son prochain, un « Décors » que j'ai préféré à la version studio, « le chien de la fille », version mordante, et les sublimes, déjà, « Long Fleuve » et « Des hommes et des fleurs », en mode Rémy Bricka, applaudissements à contretemps compris. Une présence scénique toujours aussi irradiante, une voix ad hoc, un sourire mortel, même dans les moments durs à l’enceinte. Le set à Sète est bien monté, néanmoins, et si les retombées l’amenaient à se produire un jour en full band, ce serait amplement mérité : quand on embarque dans une salle pareille deux ou trois générations de spectateurs, de vieux profs dissipés et des élèves attentifs, peut-être parce qu’il les rencontre demain en master-class, on peut voir (plus) loin, encore. Dans la force de l’âge, avec une chanson pour chacun de ses enfants et d’autres pour ceux qui veulent bien les prendre pour eux. J’aurais pu, ce soir, rentrer chez moi et écouter Guillo, comme souvent. Je suis allé l’écouter, c’est beaucoup mieux : quand les artistes sont vivants, c’est nous qui respirons mieux.

20:57 Publié dans Blog | Lien permanent