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15/12/2019

A bout de forces.

es.jpgQuand j’ai poussé la porte de la pharmacie, mardi dernier, éreinté et aphone, j’ait dit à l’apothicaire que j’avais deux conférences – pour faire simple – à mener en une semaine et qu’il me fallait des produits qui requinquent. La première, c’était une A.G au cours de laquelle j’ai tenu le micro deux heures durant, un exercice que je connais, mais qui s’accommode mal des us et coutumes associatifs que j’ai souvent envie d’envoyer paître – c’est dit. La seconde, aujourd’hui, en fin d’après-midi, était beaucoup plus aimable, dans tous les sens du terme. A l’invitation d’Etienne Schwarcz, cet artiste que j’admire par son travail et son humanité, j’allais parler de Aurelia Kreit et de mon travail d’écrivain des artistes dans une belle galerie du vieux Montpellier, l’[ES] Art Factory. Laquelle regroupe, pour ce mois de décembre, douze artistes éclectiques qui exposent conjointement. Elle est grande et longue, cette galerie, j’y suis reçu chaleureusement et on me prépare un espace et un thé au jasmin. J’ai pris le temps d’arriver en avance, je circule entre les tableaux et les sculptures, repère, d’entrée, l’œuvre que je pourrais acheter et que, de fait, dans le rapport émotionnel qui lie une œuvre d’art et un amateur, relié – c’est important – à l’accessibilité de la dite œuvre, j’achèterai. Du monde entre, je me dis qu’ils sont venus, à l’invitation d’Etienne, pour moi, mais non, en fait, ils repartent. Je sais depuis dix ans qu’il ne faut pas se focaliser sur le nombre, et des têtes connues arrivent en soutien, en emmènent d’autres, inconnues, en renfort. J’apprécie que Michaël Glück soit passé, en voisin, sur les conseils de Frédérique Germanaud : on ne se connaissait que virtuellement, mais le lien est fait, désormais. Le reste pourrait ne concerner que les présents, mais ma voix qui lâche, la lecture qui hésite, faiblit, tout ça n’était rien, au regard de la rareté de ces moments : la vraie force est dans l’ensemble des faiblesses, je parle des thèmes du roman, de façon décousue, comme si, pour la première fois, je n’en pouvais plus. Comme si l’épuisement des dix années passées à le concevoir me rattrapait, d’un coup. Mais il y a une espèce de miracle, parce que les visages sont concentrés et attentifs ; tous essaient de suivre, comme s’ils y trouvaient quoi, un effet-miroir, quelque chose qui leur parle ? Je suis exténué mais je suis bien, et les choses se font, naturellement, dans la lignée de ma (vraie) rencontre avec Etienne. Je signe des livres quand la séance est passée, on me dit qu’Aurelia partira, pour les fêtes, au Québec, en Guyane. On vante le rouge de la couverture, c’est une petite victoire, aussi. Il y a Christine, mon amie de trente ans (quasi), un Fabrice avec qui j’ai partagé cent concerts lyonnais des 80’s, mais pas Aurelia Kreit, des amies et des inconnus, qui auront entendu parler de ma petite héroïne. Mille raisons de se dire que la semaine à venir va être longue, mais mille et une autres de se rendre compte du pouvoir de la Beauté. Celle des gens, celle des instants.

Photo: ES

 

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