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23/09/2019

Le roman d'Aurelia (89-19 10/15)

Capture d’écran 2019-09-22 à 20.33.49.pngCurieuse dichotomie entre la mémoire profonde et celle, immédiate, qu’on est censé solliciter facilement. Or, je ne me souviens pas de ce que nous avons mangé, l’Inox et moi, le jour de début d’été où il m’a convoqué dans sa cantine des Halles de Lyon, pour me parler d’un projet. Mais je me souviens parfaitement ce que ça a convoqué chez moi, comme le chainon manquant d’une recherche fondamentale. Lui a voulu savoir où j’en étais enfin, et m’a posé une échéance, à un an et demi. Lui comptait éditer, via le label qu’il créait – Simplex Records – les vinyls des deux K7 mythiques de la scène lyonnaise des années 80, la rouge d’Aurelia Kreit et la bleue qui a suivi, celle du Voyage de Noz. Question de permanence, il se posait là, aussi. Mais ce qui n’avait été, jusque là, qu’une espèce de rêve qu’on formule, la reformation du groupe, s’incarnait, pire, prenait date. Il me restait de longues séquences de travail, que j’ai commises dans les murs de mon enfance qu’on allait faire tomber, entouré des arbres qui allaient disparaître. Sans doute sont-ils ceux qui m’ont permis, moi aussi, de finir. Il n’empêche, parler à l’été 2017 de l’automne 2019, ça paraît long pour celui à qui il restait néanmoins à boucler le remastering des pistes, la conception des pochettes et le pressage des disques et, pas la plus mince affaire, l’organisation du concert. Mais le temps de l’édition n’est pas le même et, dans ma tête, ça signifiait choisir une autre voie que l’envoi aux maisons, l’enregistrement, la lecture et, dans un monde idéal, le temps du travail sur le manuscrit. D’un autre côté, je ne pouvais pas ne pas être associé à cet événement. J’ai même pensé, un temps, auto-éditer le roman en nombre limité*, exclusivement disponible le soir du concert ; après tout, l’Inox avait déjà été l’éditeur en soixante-neuf exemplaires du tirage de tête de « Marius Beyle ». Etre de la partie, c’était aussi voir monter le projet, participer à sa fabrique, sortir de la solitude de l’écrivain… Au bout du compte, tout cela se sera limité à un repas avec deux des gaziers et un Mâcon au curieux goût de vin du Jura, mais les verres que nous partagerons samedi feront oublier mon éloignement. Et permettront d’entendre ces chansons inoubliées dans un écrin – son et image – sublime. C’est l’acte de naissance d’un nouveau label – 100% rock, 100% local, 100% vinyl – la réunion de tous les talents et, j’espère, un peu du mien. J’aime autant que tout cela se termine avec une vraie et belle édition, l’espoir que le livre continue sa vie de façon plus large. Il n’empêche, Aurelia Kreit – dans la série les couvertures auxquelles vous avez échappé* – aura été, un jour, un roman bleu-gris, premier titre, jamais sorti, des Editions de l’Irrégulière, jamais référencées.

* Celle-ci est signée Stéphane Pétrier. Oui, le même.

 

Ces chroniques racontent la genèse et l’édition du roman « Aurelia Kreit », paru aux Editions Le Réalgar.

Présentation du roman le 28 septembre à 14h30 à la librairie du Tramway et à 20h à la MJC Ô Totem de Rilllieux, pour la reformation sur scène du groupe (couplée aux 30 ans du Voyage de Noz).

 

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