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05/12/2013

Inimitiés.

Je croise sur le quai de la station de métro cet homme avec qui j’ai passé les deux ou trois premières années de mon cursus universitaire. Un homme très maniéré, déjà, à l’époque, revendiquant un dandysme certain, chevalières, chemises à jabot, vestes croisées. De prime abord, sa culture impressionnait, jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’elle ne lui servait pas à grand-chose, lors des exercices imposés : je me souviens que la professeure de Littérature comparée, à qui il objectait que son oral eût été meilleur s’ils eussent été, tous les deux, à la terrasse d’un café, lui avait répondu sèchement qu’il faudrait qu’il travaille davantage pour que ça arrive. Cet homme que je revois ce matin, mêmes cheveux poivre et sel  – un vieillissement parallèle – qui détourne le regard à peu près comme je l’ai fait moi, il ne devine pas, par contre, que je sais depuis des choses de lui qui n’ont guère arrangé l’image que j’en avais : du harcèlement envers une amie proche qui l’a conduit jusqu’au poste de police, de la tournure avortée de la brillante carrière qu’il se prédisait jusqu'à ses échecs répétés dans l’écriture et l'édition. Je replonge dans mon « Mausolées », bêtement satisfait, l’espace d’un instant.

10:19 Publié dans Blog | Lien permanent

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