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23/08/2020

Nami.

Cedrus_libani_Lebanon.jpgIl faut savoir laisser du temps au temps, de Montaigne à Mitterrand, on connaît l’adage, dans ce pays. C’est l’émotion qui préside quand l’horreur et la fatalité frappent, comme elles ont frappé Beyrouth, cet été. Depuis, par l’action d’une photographie, nue, crue, comme la réalité, d’une femme ensanglantée, une femme que je connais – peu, mais que je connais – une mère blessée et une sœur meurtrie, la banalité se désincarne un peu plus tous les jours, et la mémoire agit, quand l’actualité n’est plus. On est nombreux à guetter les signes de vie, les hurlements dignes de cette femme, icône de son pays, souriante et pleine de vie, jusqu’au 4 août. Nombreux à attendre que reviennent des clichés qu’on ne verra sans doute plus jamais ; à espérer que le cedrus libani planté chez Sandro fasse de l’ombre à tout ce qui a entraîné le drame qu’elle a vécu, jusqu’à la perte d’un frère, pour qui l’arbre, là-bas, dans la montagne, a été planté. On ne peut, devant l’horreur, que compatir, envoyer des brassées d’amour fraternel, espérer comme des enfants que les choses s’arrangent, mais elles ne s’arrangent pas, les choses, quand elles nous prennent ce qu’on a de plus précieux. Nami, c’est un trop beau prénom pour mourir, et pourtant il est mort. Comme d’autres, sans autre raison que l’absurdité d’un système. On impose à ses proches de ne plus le considérer comme étant, mais ayant été, sans sommation, sans autre deuil possible que celui qu’il dicte, de là où il est, à celle qui le pleure. Et l’impératif catégorique, qu’il lui souffle, de retrouver son sourire. Pour lui.

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