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22/03/2018

Misunderstanding.

ophelia.jpgJe reçois ce matin un message dont je comprends tout de suite qu’il ne m’est pas destiné. Une bien lointaine amie s’émerveille de la réaction de sa progéniture qui lui avoue l’amour qu’elle porte à la fille d’un couple de ses amis, dont l’homme porte, c’est d’une banalité exemplaire, le même prénom que moi. Une fillette qui s’émeut qu’on puisse aimer d’amour une autre enfant, comme elle aime ses parents et son petit frère, c’est beau, mais assez anachronique, dans ma vie. S’ensuit néanmoins, une série de réponses jouant du quiproquo, la leurrée s’étonnant que je me dise non concerné par l’affaire, puis que je me souvienne pas qu’on fît un enfant ensemble. Le troisième protagoniste, elle, a compris qu’il ne s’agissait pas de son Laurent mais le jeu continue encore un peu jusqu’à ce que je lâche qu’à défaut d’une progéniture, son amie m’a inspiré une nouvelle, il y a bien longtemps, qui a elle-même inspiré des chansons à Sandro, mais ça c’est une autre histoire. Le plus drôle, c’est la conversation qui s’engage entre Ophélie – que je ne connais pas, donc – et moi, qui m’émerveille à mon tour, de la beauté de son prénom. Rapport à Hamlet, mon livre-monstre, à cette restitution des lettres, la plus belle scène, à mon sens (III, 1 « Les mots qui les accompagnaient étaient d’un souffle si doux qu’ils rendaient ces choses plus précieuses. Puisqu’ils ont perdu leur parfum, reprenez-les ; car, pour un noble cœur, le plus riche don devient pauvre quand celui qui donne n’aime plus. ») ? À l’héroïne rimbaldienne, à mon premier amour de jeunesse, à Lyon, histoire que la coïncidence soit plus parlante, encore ? Peu importe : le malentendu, à ce niveau, est toujours source d’imagination et, un temps, cette Ophélie fut mienne et je fus son Laurent, adoubé par une femme que j’aurais pu aimer et avec qui j’aurais pu, dans la vie parallèle d’un écrivain, faire un enfant dont l’innocence m’aurait émerveillé, à mon tour. Si faire un enfant n’était pas chose sérieuse : il y a ceux qu’on a, ceux qu’on aurait pu et voulu avoir, ceux que d’autres auraient mieux fait de ne pas avoir.   Et ceux, alors, qu'on a le temps d'une conversation qui ne nous était pas destinée : "Fais attention quand tu dis à des gens que tu as des enfants avec eux.

Nous sommes tous des aliénés, mais on a des vies bien calmes.

Peinture: "Ophelia", de Alfred Joseph Woolmer

13:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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