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24/06/2016

À demain, la mer!

Quand j’étais encore Lyonnais et que je ne me doutais pas qu’un jour, je pourrais avoir au quotidien ce que je venais chercher ponctuellement ici, j’avais l’habitude de dire au revoir à la mer, quand je la quittais. Pour qu’elle se souvienne de moi quand j’allais y retourner, j’imagine. Pour sceller ce pacte permanent avec l’élément, avec l’idée qu’il ait une mémoire. Pour qu’elle me préserve du danger et de la fatigue à chaque fois que je nageais jusqu’à la bouée, m’éloignant par paliers du rivage, de ses bruits, de ses habitudes un peu imbéciles. Nager, c’est se rendre léger, c’est relâcher le corps et ses muscles pour mieux qu’ils nous portent. C’est retrouver une respiration vitale quand, en Terrien, on n’y fait plus attention. Toucher la bouée jaune, c’est se rendre compte que l’entreprise qui la fabrique s’appelle Mobilis, que le balisage flottant nous ramène à la devise du Nautilus et, bien plus qu’accessoirement, à Hubert Mounier et à sa chanson sublime : J'irai voir tôt ou tard Si les sirènes existent Sur le dos des baleines Je suivrai leur piste… Pendant toutes ces années passées en estivant, j’avançais en me remémorant les instants importants passés dans l’année écoulée, comme un bilan en mouvement. Tout remontait, les serments, les douleurs, les vaines victoires. Sensiblement, l’enjeu devait être de cet ordre : si je ne m’étais pas complètement trahi dans l’année, la mer me protégerait. Dans le cas inverse… Je suis revenu à chaque fois sur le rivage, je l’ai toujours remerciée, la mer. Maintenant que je vis avec elle, que je la retrouve chaque jour, je continue de lui parler, comme à une compagne. Je vais toujours, quand elle n’est pas trop loin, jusqu’à la bouée jaune, histoire de me couper d’un monde que je comprends de moins en moins. Je me livre à elle, dans la limite de ma résistance, répète mes mouvements, m’accorde avec mon pneuma : tant que je respire, allez ! Puis je rentre, après un dernier regard, et cette promesse : à demain, la mer.

13:27 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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