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13/09/2013

Rendez-vous.

confluence.jpgIls étaient encore là, peut-être un peu moins nombreux qu’à l’habitude. Le lieu, le froid qui commence à tomber, les fatigues de la rentrée… Ou la paresse, l’asthénie de ceux qui les ont déjà vus et qui finissent par se dire que ce n’est pas la peine, qu’ils iront au prochain, pour le prochain album, s’il sort. Il y a un prix à payer pour avoir fêté, en grande pompe, ses vingt ans d’existence et de scène. Il y a cinq ou six ans, déjà, on ne sait plus, on ne compte plus. L’envie et la fougue sont là, pourtant, il y a de nouveaux morceaux à défendre, à tester, de plus anciens à concéder à ceux qui sont restés et qui, à chaque fois, se murmurent pour eux seuls ou chantent pour les autres des paroles qui les ont portés. Ils se connaissent, se saluent, se collent les uns aux autres pour ne pas être les seuls à danser, sauter sur place ou lever les mains. L’endroit est inédit, il y a de la fierté à être parmi les premiers à passer là : la Confluence aura abrité, elle aussi, ce groupe dinosaure qui pourrait paître tranquillement mais qui montre encore ses dents sur deux-trois morceaux qui bousculent leur image un peu trop propre. Même quand ils salissent dans le son, la bonne éducation affleure mais, après tout, ça ne peut pas être un défaut. Nonobstant les jeux de mots déplacés sur le nom du groupe, qu’on leur demande toujours d’expliquer, nonobstant un désamour certain de ceux qui devraient venir les voir plus souvent pour reconnaître ce qu’ils ont apporté. Peu importe.

 Le groupe est là, à chaque fois, il y a étincelle, après, elle prend ou pas. Ou moins. Peu importe : à regarder autour de moi, le combat est gagné d’avance, il n’y a qu’admiration et envie. On donnerait tout pour être dedans, sans doute, à défaut, on guette un regard, un clin d’œil, qui sait, une dédicace, un moment de gloire. A la fin, comme il n’y a pas de loges, c’est plus facile d’aller les voir et de les ramener à une amitié, une histoire commune, l’avers et le revers de la fidélité. Ils s’y prêtent, juste un peu fatigués d’avoir donné, une fois de plus, condamnés qu’ils sont à l’envie de le faire. Le spectacle vivant est un art ingrat, aux satisfactions immenses : le moment est déjà passé et on se demande à la fois s’il a été bien reçu et s’il aura un lendemain. Si l’un d’entre eux ne va pas dire, un jour, que pour lui, c’est terminé. Que c’était bien mais que c’est fini. Il y a une crainte, immanente : paradoxe, c’est elle qui fait qu’ils continuent, et depuis si longtemps. Peut-être parce que personne ne veut être celui engagera le début de la fin, ou la fin du début, à force, on ne sait plus. Sur l’étal, après le spectacle, des disques que personne n’achète vu que tout le monde les a. Peut-être un ou deux nouveaux, ou des enfants de ceux de la première heure. On plie sagement dans les valises, qui attendront le prochain rendez-vous.

A part ça, il y a eu de la musique. De la bonne, un poil surannée dans les références, mais de la musique qui fait que, malgré l’absence de surprise, on bouge un peu les pieds sans s’en rendre compte, en souriant intérieurement de l’avoir fait. De la musique, des paroles qui, écrivais-je, forcent le respect, faisant résonner « Frison-Roche » avec « anicroche » sans crainte de la rime (trop) riche, ni de la préciosité. De belles RCCC, les références culturelles collectives cachées (ou pas) dans presque chacun des titres joués. A force, c’en est un jeu. Ou une habitude. La même qu’on a (re)prise et dont on s’étonne presque de ne pas se lasser. Tant que je respire, allez.

18:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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