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20/01/2013

Blowin' in the Vosges.

582409_487347524662921_2012135161_n.jpgFergessen, écrivais-je juste après les avoir vus, c’est Dave Stewart qui aurait rencontré Annie Lennox ayant mangé une Aretha Franklin. C’est beaucoup en une seule fois, mais pas plus que l’effet qu’ils produisent sur scène : l’unisson parfaite des deux voix et deux guitares mêlées, une pop-rock exigeante aux meilleurs accents d’un Marc Seberg, l’harmonie des textes et des mélodies que David et Michaëla ourdissent dans le calme de leur studio de Saint-Dié. Après « les accords tacites », un album produit par Lionel Gaillardin  en 2011, le duo a choisi de quitter Paris et d’attendre le bonheur dans l’autoproduction d’un « Far-Est », deuxième album ciselé, variant entre l’anglais et le français sans se départir de ce qu’ils souhaitent tous les deux : donner du sens et du rythme à un texte par son interprétation. Quand ils s’emparent tous les deux de « The Wind », de Stevenson - a-blowing all day long, that sings so loud a song - qu’ils en enregistrent une version acoustique devant une plaine des Vosges qui prend des airs d’un océan de glace, on se dit qu’ils savent allier, comme en live, l’énergie des voix et du jeu et la sensibilité du thème. A Child’s Garden of Verses and Underwoods. Le cache-cache ne dure qu’un temps, celui de l’arrivée sur scène et du fleuve de son qui en découle : Michaëla, Antianeira moderne, bras nus, chevelure lâchée, bracelet de serpent au biceps, prend l’auditoire à bras le corps, le charme et l’ensorcelle, ce qui revient au même. Mais David – heureusement pour lui – n’est estropié de nulle part et relève - avec un flegme qui n’a de britannique que la musique qu’il joue - le défi de la Belle. Les guitares sont épileptiques et coordonnées, les amants jouent d’une ronde qui les aurait menés au bûcher, en d’autres temps. Ils auraient pu choisir l’Islande ou le Danemark (Aimer, dormir, encore aimer), ils ont pris les Vosges comme symbole d’une musique qu’il faut aller chercher mais dont on ne se relève pas sans être marqué au fer rouge. Fergessen, prononcé à l’allemande, c’est oublier ou s’emporter : aucune chance qu’on oublie, toutes qu’on le soit, emporté. Jusqu’au far, far-Est.

Photo: Vincent Assie© Avec mes remerciements ;)

16:10 Publié dans Blog | Lien permanent

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