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24/06/2012

Billet de fatigue.

On me fait la remarque, aujourd’hui, que j’ai vécu la quasi-moitié de ma vie à proximité d’une gare. Sans jamais – réellement – partir. Je non-pars, souvent, mais ne m’attarde pas. Il n’empêche, même à 8h à St Romain de Popey, la gare a quelque chose de déchirant.  On est là et l’instant d’après, on n’y est plus. Drôle d’allégorie.

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22/06/2012

Une petite Cantat.

noir-désir-le-vent-nous-portera-1024x395.jpgTorturé, vraiment, le destin de Bertrand C. Pas plus que celui de Marie T., me direz-vous, et ça nous ferait repartir sur des polémiques stériles. Mais hier, alors que le « Non Solvable Tour » de Guillo, Vitas & Fergessen m’a amené à sortir de la tannière dans laquelle je me terre tous les 21 juin, ré-entendre « Lazy » et l’inouïe – si on veut bien la réécouter – « le vent nous portera » m’a replongé dans ces moments où, comme le monde autour de nous, on pensait qu’on irait vers le mieux, et tous ensemble. Et puis. Je sais qu’il travaille, qu’il a composé pour le théâtre, avec Wadji Mouawad, mais le lien avec Althusser, fait le jour du drame, est toujours prégnant. Sans savoir que chez lui, les tragédies se succéderaient. On peut être vivant et laisser l’œuvre faire croire que vous êtes mort. En 2001, en été, à Fourvière, C. et son N.D avaient chanté trois fois (dont une a capella, une fois les techniciens partis) cette fausse bluette qui annonçait tant et que personne, encore, ne connaissait. Ça reste un de mes plus beaux souvenirs de concert. Un de mes plus beaux souvenirs tout court.

* à noter qu'habituellement, je guette sur Internet les pires reprises de Noir Désir, le groupe le plus massacré du 21 juin, maintenant que les amateurs de Téléphone ne sortent plus. Mais Fergessen, un groupe qui m'a impressionné hier, pour "Lazy" et Guillo - dont j'ai déjà dit tout le bien que je pensais de lui ici - pour "le vent" ont remis les choses à leur place.

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21/06/2012

Evoluer en D3.

Image 1.pngJe reçois ce message d’un de mes amis, écrivain reconnu, pour ne pas dire renommé. Il est édité dans une prestigieuse maison du Sud de la France, récemment, il était interviewé dans « les mots de minuit »,  a le soutien des Inrockuptibles. Il est – nous avons le même âge – l’auteur de trois romans – comme moi. J’appréhendais un peu son « retour », après qu’il est parti, le mois dernier, avec mes deux premiers ouvrages. Il m’a fait la sympathie d’une lecture et dans son courriel, il y a quelques réserves : la première, concernant Tébessa, sur un manque de matière, une trop grande retenue dans le développement de la situation, qu’il juge excellente, mais insuffisamment exploitée. Je me souviens que Brigitte Giraud m’avait dit qu’elle aurait approfondi le personnage de Richard, déjà. Pour « la partie de cache-cache », le reproche d’une trop grande maturité des enfants de 11 ans revient une nouvelle fois ; une nouvelle fois, j’assume le parti-pris, la quasi-certitude que l’âge adulte a oublié le sérieux – pour paraphraser Nietzsche, en exergue – dont on faisait preuve dans les jeux d’enfants… Mais l’essentiel n’est pas là. Je ne devrais pas m’auto-flageller, après tout, ces deux ouvrages ont été élus par des jurys de lecteurs et c’est bien là l’essentiel. Mais la remarque selon laquelle ces deux romans, en l’état, ne trouveraient sans doute pas preneur chez de plus grands éditeurs – en tout cas le sien, m’interpelle : est-ce un niveau dans l’écriture qu’il faut franchir, est-ce une limite que j’ai touchée ? Je ne me sers de son avis ni contre lui, ni contre moi. Mais la question se pose, en permanence, surtout dans le choix que j’ai fait d’écrire un roman vaste, fleuve et sans doute démesuré, au regard de mes moyens. Et si, au même titre du basketteur que j’ai été, je n’étais, au bout du compte, qu’un écrivain de seconde ou de troisième zone, primé et sélectionné sur un malentendu ? Je sais que le doute est moteur, mais il est parfois cruel.

17:42 Publié dans Blog | Lien permanent

20/06/2012

La Ficelle.

Les petites vieilles du marché de la Croix-Rousse, indignées qu'on leur supprime le relais TCL, s'étaient organisées en cellule révolutionnaire. On retrouva le plénipotentiaire en loques, déchiqueté par la furie des canes. Le maire lui-même n'y put rien,  les émeutières réclamant la présence de Louis Pradel, ou rien. Finalement, il fut décidé de réinstaurer la ficelle, le transport gratuit pour les plus de 65 ans et l'autorisation pour les chiens de déféquer à l'intérieur des wagons. Rien de tout cela ne se sut, le féminin de Canut étant, selon l'Académie, difficile à déterminer.

18:05 Publié dans Blog | Lien permanent

19/06/2012

Gradation.

Je retrouve hier cet ami de trente ans, nous allons voir le même artiste interpréter l'album qui l'a fait connaître il y a vingt ans. Cela fait peut-être dix ans que nous nous promettons de nous revoir plus régulièrement, un an qu'il est venu au Tramway pour la présentation du PAL, un mois que - comme moi - il a acheté sa place, une heure que nous attendions de nous croiser sur les lieux. On n'est pas à une minute près, attendez une seconde!

17:51 Publié dans Blog | Lien permanent

18/06/2012

Albertelli & moi.

lafemmeauxhorloges_recadre-726-1000-600-80.jpgJe vais travailler avec l’artiste-peintre Dominique Albertelli, pour la galerie du Réalgar – dirigée par Daniel Damart - et les éditions du même nom. Un petit livre d’artiste du style de celui que j’ai déjà fait avec Jean Frémiot & Jean-Louis Pujol, une variation sur un des thèmes que l’on retrouve dans le travail de Dominique – que je ne connais pas encore mais dont le quelque chose, rouge m’a enchanté. « Pour respirer, pour m’en sortir (...) pour dire le souffle, la vie », dit-elle de ce qui l’anime. Je suivrai, de mon côté, ses personnages déambulant, verrai ce qu’ils m’inspirent puis, quand j’en aurai une version aboutie,  l’appellerai et lui demanderai de me laisser lui parler de son œuvre : on saura vite si les mots tombent juste.

NB: je tairai ici l'honneur de passer, dans la collection, juste après Pierre Jourde, ce qui ne met pas la pression. Du tout.

16:49 Publié dans Blog | Lien permanent