Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/06/2026

Il va falloir faire avec (ou plutôt sans).

IMG_6790.jpegJ’ai eu le malheur, la semaine dernière, d’exprimer des réserves sur le concert de Benjamin Biolay aux Arènes de Nîmes, en première partie d’une soirée pourtant vendue comme un co-plateau : set-list écourtée, service un poil minimum, absence quasi-totale du dernier album quand la partie électrique était annoncée… Je me suis attiré les foudres, sur les réseaux dits sociaux, des fanatiques qui ne supportent pas qu’on touche au mythe, le font savoir vertement -en le taguant à chaque fois, histoire de se faire bien voir – pratiquent l’attaque ad hominem (pas de souci, merci, ma vie va bien, et l’exercice critique a, à ce que je sache, encore le droit d’exister) et la diffamation. Voire la menace puisque l’une de ses furies m’a quasiment sommé de ne pas me présenter hier, au théâtre de la mer. Chez moi, et chez lui. J’y suis évidemment allé, et j’ai bien fait, parce que le concert a été très bon, cette fois-ci, complet, enjoué, les morceaux essentiels – pour moi – toujours en place : la Superbe, les Cerfs-volants, Ton héritage… Le Biolay festif n’est pas forcément ma tasse de thé et quand les tubes Comme un voiture volée, Idéogrammes ou autres sont repris à tue-tête par les jeunes fans – qui n’ont rien à envier à leurs ainées côté hystérie – moi je regarde les musiciens évoluer, Donatien, Jaconelli, Entressangle, Almosnino, les deux filles au violon et au reste, les autres… Jusqu’à ce qu’il ramène mon ami Bruno Granier sur scène. Le petit cousin de Brassens, venu chanter Je suis un voyou sur ses terres, c’est beau, même si j’aurais préféré une chanson moins connue : la concession au grand nombre, toujours. L’avantage du théâtre de la mer, c’est qu’il est très facile d’être devant, surtout quand on fait 1,85m, ça permet d’être dans le concert, sa progression, ses interactions et Saint-Clair a été mieux jouée hier que les années précédentes au même endroit. Ce qui différencie un bon concert d’un concert moyen, outre sa propre perception, c’est quand il efface les réserves du précédent, relance la machine jusqu’à la prochaine tournée. Les rendez-vous sur la route avec les artistes ont toujours ponctué ma vie, entre Barbara, Higelin, Murat, Eicher, le Voyage de Noz… J’ai un ego, une œuvre propre, je les laisse volontiers partir pour mieux les retrouver. Et les chroniques que je fais de leurs concerts, ce sont des instantanés que je garde pour moi et que je donne à lire : c’est le paradoxe de l’écrivain, dans l’égotisme, l’exercice critique, l’examen de soi. Mais c’est certainement difficile à comprendre pour certains.

10:19 | Lien permanent

Les commentaires sont fermés.