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21/05/2026

Dans la voiture-balai.

Tour-de-France-2022.jpgAujourd’hui sort Tour de France, l’album live de la dernière tournée de Jean-Louis Murat, enregistré en 2022. La dernière, oui, parce que personne ne savait que le 25 mai de l’année d’après, le jour (ou la veille, ou le lendemain) de la sortie d’un Best-of dont il n’a jamais vraiment voulu, Jean-Louis s’est écroulé, chez lui, à Orcival, victime d’un arrêt cardiaque (toujours aimé la tautologie médicale, moi) après de fortes douleurs à la jambe. Cette tournée, j’en ai fait deux dates, une à Bourgoin, une à Montpellier, avec mon amie Christine, que j’ai convaincue de venir le voir, elle qui avait décidé qu’elle ne le ferait plus, après une mauvaise expérience de plus. Elle n’a pas regretté, tant l’homme semblait délesté des tourments qui l’ont souvent habité. Une tournée intimiste, avec le compère historique Denis Clavaizolle, son fils à la batterie histoire de montrer que ça faisait déjà trente ans (ou presque) qu’on allait voir le Bougnat sur scène, Fred comme s’il n’était jamais parti, si ses concerts avec Johnny (l’autre) n’avaient été qu’une grande farce inventée par Jean-Louis… Une tournée fondée sur ses derniers albums, comme toujours, avec la part belle faite à la vraie vie de John Buck, Baby love et Taormina, dont il ne joua que deux titres mais dont tout le monde se souvient parce que le morceau éponyme sera le dernier qu’il aura joué sur scène. Juste après le sublime Arc-en-ciel joué en piano-voix, à la Dolores, une chanson qu’il a adaptée de l’Arcobelano d’Adriano Celentano, la délestant de son côté pop pour en tirer une ballade testamentaire, prémonitoire, Je suis devenu un coucher de soleil Je parle comme les feuilles d'avril, Je vis enfin dans chaque voix sincère  Avec les oiseaux je vis le chant subtil, comme s’il s’était seulement évaporé, loin de tout vacarme, et principalement celui qui a précédé la parution du livre de son fils aîné Yann, à qui d’aucuns reprochaient de ne pas avoir été suffisamment proche de son père pour en parler aussi longuement, qui a précédé la sortie dudit Tour de France, à qui les autres reprochaient de ne pas avoir été consultés. Je dis ça de loi, sans aucun enjeu, tellement je m’en fous : j’ai lu le livre, que je n’ai pas trouvé bon, parce qu’il ne suffit pas d’aligner les anecdotes privées pour atteindre ce que le bandeau promettait, dire à un père tout ce qu’on n’a pas pu lui dire de son vivant; j’ai commandé le disque, même si je serai sans doute déçu de son contenu parce qu’il ne contient pas le fameux Arc-en-ciel, qu’il est conçu sur la base de plusieurs enregistrements, comme tous les live officiels, alors que, filou et, qui sait, méfiant de la suite, j’ai enregistré moi-même, portable dans la poche de la veste, le concert de Bourgoin, dans son intégralité. Un pirate, à l’ancienne, avec un son plutôt bon, une très bonne performance. Tout ceci, je l’ai déjà raconté dans un Monde sans Murat, ce livre que beaucoup me demandent mais que l’éditeur semble ne plus vouloir vendre : même là-dessus, j’ai arrêté de me battre. Je m’amuse même que ceux qu’ils l’ont m’en ont dit le plus grand-bien, qu’une source très proche de Jean-Louis le présente même comme le meilleur bouquin sorti sur son père. Les thuriféraires auront fait le service minimum, mais je n’attendais rien d’eux et je n’ai pas été déçu. J’ai cru un temps que moi-aussi, j’irais faire un tour aux Vinzelles, avec Franck Gervaise, comme annoncé depuis bien avant la sortie du livre mais là non plus, rien ne s’est passé. Et rien de grave : je mène ma barque de création comme lui le faisait, loin de tout ça. J’ai failli mourir avant lui et, toujours là, je me dois à ma ligne directrice, à Aurelia, qui prend tout le temps que ma nouvelle vie me laisse. J’ai une pensée pour lui, aujourd’hui, parce qu’il vaut mieux fêter une création, même in abstentia, qu’un anniversaire de décès. Pour moi, Jean-Louis, c’est comme Barbara avant lui : il m’a convaincu qu’il fallait le laisser partir – je ne me le suis jamais approprié, pas une seconde – pour mieux revenir. En écoutant ses disques : ça tombe bien, il y en a un qui sort aujourd’hui.

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photo de Florence Couté.

17:13 Publié dans Blog | Lien permanent