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27/12/2015

Le vieil homme.

Il a peiné à sortir de la voiture, perclus d’arthrose. L’image est venue de suite : au début des années 90, c’est avec lui que j’ai ramené une autre nonagénaire à sa résidence, une fois le repas de fête passé. Elle était rentrée enchantée, s’était couchée de la même humeur et ne s’est jamais réveillée. On a tous rêvé, depuis, de ce type de fin, on en a beaucoup parlé, comme pour évacuer, un peu plus à chaque fois, la crainte d’une fin qui s’annoncera à nous aussi, un jour. Dans moins de la moitié du temps donné, si tant est qu’on considère un temps vécu, un temps qui reste. Il est venu quand même, après avoir longuement hésité, puis s’est dit, puis nous a dit que ce serait la dernière fois, qu’il était venu nous voir une dernière fois. Ça n’est pas à prendre au sens propre, ni pour une menace, mais s’il s’avérait qu’un autre Noël se présente, il ne fera plus l’effort, restera au chaud en l’attendant encore, sa dernière compagne. Avec toute sa tête, et c’est déjà ça, dit-on communément. Ça n’est pas moi qui l’ai ramené, mais les trois qui avaient l’âge que j’avais, à quelque chose près, au début des années 90. Qu’est-ce qu’il a fait, une fois dans sa chambre, avec quoi, avec qui s’est-il mis au clair ? On passe tous par les mêmes stades, dans une vie, mais il en est qu’il ne faut pas rater, sous peine de ne pas pouvoir se dire, une fois que tout est terminé, qu’on a vécu.

18:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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