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19/04/2013

Rirette & Polyves (fin)

Un enfant effronté la tira de ses pensées : il lui demandait si elle voulait bien lui donner un des marrons chauds de son cornet. Elle s’exécuta dans un sourire, pensant que les siens n’auraient pas à le faire, puisqu’ils le leur en auront offert, avant qu’ils demandent. La complétude du monde n’est pas seulement politique. Ou tous les liens le sont, et le leur est indéfectible. Quels que soient les jeux de massacre dont il serait, tour à tour, l’instigateur ou la victime. Quelles que soient les retombées de ses dénonciations : une figure humaine n’est ni simple, ni lisse, il y aurait des angoisses, des creux, des jours et des nuits sans personne. Des pleins, des creux, des vides. La peur de n’être là que pour n’y être plus. L’enfant a tourné les talons sans un remerciement. Elle n’entend plus que le forain, qui conteste à Polyves le droit de tirer encore, prétextant qu’il a raflé suffisamment de lots. Il le regarde fixement, cherchant la faille. Qu’il a déjà trouvée. Qu’on le prive de lots l’indiffère. C’est la légitimité de celui qui l’en prive qu’il conteste. Qu’on l’empêche de tirer arbitrairement, par une action non consultée. Et symbolique. Le vieux monde n’a pas fini de souffrir de ses vieilles lunes, s’il les protège. Polyves remise la carabine voilée : ses cibles ne sont pas là, et Rirette n’aime pas qu’il cherche des crosses. Il tend l’objet au forain, qui s’attendait à pire. « Merci, camarade », lui assène-t-il, en cédant. Façon de parler.

17:31 Publié dans Blog | Lien permanent

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