11/06/2011
Alexandrin.
Quand je rentrerai chez moi, j'aurai dans ma boîte le dernier ouvrage de Christian Chavassieux dont le titre, déjà, est sublime : " Dans les plis sinueux des vieilles capitales".
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Pensées
Je jette un œil dans cette exposition collective et associative, il y a près de deux cents œuvres exposées dans cette salle qui n’est pas si grande. On me dit que le thème est le regard, je pense immédiatement qu’il eût fallu lui laisser une place plus grande pour respirer. Je suis venu pour voir la pièce de Léonie. Elle a douze ans, quelques-uns de ses dessins illustreront le livret de « Trop Pas ! » quand celui-ci sera finalisé. Pour l’heure, ses dessins ne se remarquent pas puisqu’il y en a partout. A chaque fois que je rentre dans une galerie, je pense à Förster Laffond dans « Escalier C », à cette fille qui l’aborde :
- Vous avez quelque chose contre les artistes ?
- Vous avez quelque chose contre les vieux cons ?
- Je suis sûre que vous n’en êtes pas un.
- Pas plus que vous n’êtes une artiste.
Je sais qu’il n’est pas charitable de penser que certains devraient s’abstenir, mais le débat sur le Beau et le joli est philosophiquement légitime. On lit chez Pascal que juger d’une œuvre qu’elle est jolie est parfaitement inutile puisque lié à un jugement personnel qu’on tente d’imposer à l’autre. Que la belle œuvre touche au sublime, à la grâce. Fût-elle naturelle, seulement. Je digresse, je pense à ce « Tree of life » que j’ai aimé. Une psychologue qui expose s’essaie à l’auto-dépréciation artistique, c’est savoureux. Je reste sur des valeurs sûres : une déclinaison du visage de la déjà sublime Kristin Scott-Thomas va de Modigliani à Andy Warhol. J’en voudrais chez moi, mais je déferais le triptyque, pas sûr que l’artiste soit d’accord. Je sors de l’exposition dubitatif : une œuvre s’impose-t-elle vraiment ? Quels sont les mécanismes qui font que, moi aussi, je joue de cette violence pour imposer les miennes ?
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07/06/2011
Je hais les making-of.
Qui n’ont généralement aucun intérêt, sauf quand Truffaut ou Rohmer, hors-champ, donnent une leçon de cinéma extraordinaire de simplicité. Je déteste ça mais j’en ai fait un des premières sessions de l’enregistrement de « Trop pas ! » à la Casa Musicale, le mois dernier. Pour replonger un peu dans cette ambiance qui me manque et qui s’annonce à la fois, en juillet, quand nous y retournerons pour graver les voix. J’en ai fait un parce que je n’agrégerai pas de sitôt une telle somme de talents et de fraternité mêlés. Je crois que tout le monde a saisi qu’il se passait quelque chose, mais je n’en dis pas plus. Vous n’en entendrez pas davantage, d’ailleurs, en regardant cette potacherie. Qui ne sert à rien mais qui m’est essentielle.
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