06/05/2011
HS.
Rien à voir avec la comédie. Descartes avait raison dans son antiphrase du début du Discours de la méthode: la chose au monde la mieux partagée, ce n'est pas le bon sens, c'est l'inconséquence. Hélas.
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"Trop pas!" - Chroniques - 4
Oliv’ a accouché. Sa femme non, toujours pas, mais lui, oui, des dernières sessions qu’il est venu enregistrer hier à la Casa Musicale. Les dernières retenues sont tombées, ce qu’il n’a pas pu enregistrer le jour d’avant est rentré facilement. Comme tous les êtres sensibles, Olivier a besoin de se sentir en confiance. Lui qui n’a jamais connu de session studio et que la finalité a intimidé a dû penser toute la nuit à « la chanson d’Alex & Esther » pour la passer comme il l’a fait aujourd’hui. Belle aventure humaine, en tout cas, de voir cet homme-là participer au projet « Trop Pas ! », lui dont les enfants seront ados à la fin des années 2020. Une fois parti, ce sont les premières guitares qu’il a fallu jouer et Eric & Fred S’y sont collés, en attendant Gérard. « L’Ecole Buissonnière », dans l’après-midi, fut un cas d’école : entre l’acoustique et le clavier, il ne faut pas que les pistes se fassent concurrence. On amène des éléments simples de guitare, on prépare l’entrée des solistes, c’est un peu injuste, vu comme ça, mais c’est la musique telle qu’elle s’enregistre désormais. Le gimmick de « l’Ecole Buissonnière » me projette dans les souvenirs des années Lettres-Frontière : de Mégevette à la Casa, il y a un bébé que l’on mène nous aussi, l’image a déjà été utilisée hier. On sait, on prévient ceux qui ont déjà écouté les maquettes que l’objet final sera complètement différent, mais on avertit aussi qu’on à affaire à des monstres de studio. Je pense – ça ne me serait jamais venu à l’esprit avant hier – à Charlotte Gainsbourg enregistrant avec Air. Pauline va arriver dans un fauteuil en juillet, la couverture musicale sera très haut de gamme, et le projet original, ce qui nous permet de ne pas nous situer dans une énième répétition rock’n’roll (je ne vais pas me faire des amis chez les ingé son en disant ça…), même si « le Blues du proviseur », également mise en boîte, va calmer tout le monde sur ce terrain-là. Le théorème du mille-feuilles s‘avère, au quatrième jour de studio, avant que la 2ème session apporte son lot de musiques additionnelles et que les voix viennent s’offrir, en juillet, une Star Academy qui, pour le coup, méritera son nom. Hier, en guise de références, on a demandé au clavier de remiser sa touche billyjoelienne et d’aller voir, de préférence, du côté de Joe Jackson. En guitares, pour le planant de « l’Echelle de Richter », on se demande si une guitare nylon ne ferait pas davantage l’affaire, s’il ne faudrait pas déstructurer, une fois encore, le morceau pour que le texte soit servi. Merci pour lui.
L’équipe s’est installée, je comprends ce qu’on m’a dit des résidences et de la dépression post-partum qui s’en suit. Tout à l'heure, Gérard Védèche viendra s’y agréger, avec son amie Qing, qui posera quelques mesures d’accordéon. J’en oublierais presque qu’un autre de mes bébés verra le jour dans un mois. J’aurais dû demander conseil à Oliv’, tiens, tant qu’à faire. Et comme à chaque jour suffit son hyperbole, « le café des Ecoles », réminiscence de « Tébessa, 1956 », manque de me faire défaillir d’émotion, déjà.
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"Trop pas!" - Chroniques - 3
Olivier Castan est un homme inquiet. Pas seulement parce que sa compagne va lui donner dans les prochaines heures un deuxième enfant, mais aussi parce que son abord de la musique, jusque là plutôt direct et collectif, supporte mal les a-priori qu’on se fait de l’enregistrement studio. Une séance de répétition avec Fred D. l’a aidé, mais le stress, palpable, l’a rattrapé sur un morceau : la perspective de s’inscrire pour l’éternité (plus un jour), peut-être. Pas grave, pour celui-ci, on tolérera les prises multiples et montées. C’est en bas, en cuisine, qu’il a installé son Nord Electro 3 et son IPad hier, à la Casa, pour poser les nappes et les déliés qu’on lui a demandés. C’est à lui qu’est revenu l’honneur de poser les premières mélodies sur la base rythmique DPM que Jean-Marie et Fred avaient installée. Oliv’, le Cartoonist irrévérencieux, se fait petit garçon, qu’il faut rassurer. Pas de défaut technique, un petit seuil psychologique vite rattrapé par les trois figures paternelles qui l’encadrent. Et après… On commence, via les sons de piano, d’orgue Hammond et de son Melletron, à entendre ce que diront ces personnages qui viendront poser ce qu’ils ont à dire sur du matériau royal. Fred impose la simplicité, il sait que si chaque musicien y va de sa démonstration personnelle, l’ensemble sera irrespirable. Il convoque des figures entre Sonic Youth et Serge Gainsbourg, via Françoise Hardy, demande à Olivier de jouer « Melody Nelson » ou « Honky Tonk », de retenir les effets beatlesiens, jouer un poil en avant d’un temps déjà occupé par les basses. Il déstructure un peu le son, le « salit ». Les nappes et les mélodies se superposent, les premiers frissons – autres que techniques – se font ressentir. « l’Ecole Buissonnière », tant écoutée, ne sera pas la même, on le savait, mais les notes qui montent, une fois le premier montage effectué, sont dantesques. « La chanson d’Alex & Marjo », premier morceau composé, prend un tour stupéfiant, également. Les Ehé sonores de Fred D. en attestent et D. sait que l’homme n’est pas là pour rigoler. Chaque jour, désormais, on a envie d’être déjà demain pour voir ces Lego évoluer. Oliv’ peut assister tranquillement à l’accouchement de Mme : nous n’en sommes qu’aux premières heures de travail, mais le bébé s’annonce bien. Franchement bien.

Dessin original de Oliv'©
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