16/01/2011
Oldies
Sur la deuxième, un joueur espagnol de basket-ball est en position de défense, jambes fléchies, bras écartés, son envergure est immense ; comme il est pris de dos, son nom est floqué sur le maillot blaugrana, un nom qui frappe, en trois lettres : Epi. Le seul joueur dont le diminutif suffit : sur la photo que regardait Solène, Juan Antonio San Epifanio barre la route d’un joueur qui n’a pas encore décidé comment il allait le déborder ; il paraît anxieux, Epi, il regarde par dessus son épaule si un autre adversaire ne va pas venir le bloquer, comme s’il demandait de l’aide par avance. Il faut dire qu’en face de lui, le joueur qui tient le ballon sans laisser deviner s’il va le passer ou partir au panier, c’est un joueur qui a de l’allure, qui porte fièrement et sans maillot de corps dessous la tunique verte du meilleur club français de l’époque. Les cheveux mi-longs, les muscles des bras saillants, c’est un face-à-face que l’arbitre, juste derrière, surveille particulièrement comme s’il le savait décisif. La tête d’Epi en premier plan cache juste une toute petite partie de l’avant-bras gauche du joueur d’attaque, sinon on verrait qu’il porte, ce joueur-là, un seul poignet au poignet gauche.
Extrait de "Le Poignet d'Alain Larrouquis", Raison & Passions, sortie printemps 2011;
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13/01/2011
Camille 2011
Ceux qui me connaissent savent que je n'aime pas l'idée de manquer de permanence dans ma vie: on peut se tromper, faire des choix sans la conscience de leur inverse ou autre, mais pas ne pas préserver l'essentiel de ce qui a fait son existence. Cela fait plus de dix ans qu'un individu qui ne mérite pas d'être nommé ici m'a fait miroiter une édition autour de Rodin en me demandant de lui écrire quelque chose en substitution, m'a-t-il dit ce jour là au téléphone, de Charles Juliet, pas disponible. J'ai travaillé à une nouvelle sur Camille Claudel qui, pensais-je alors, allait révolutionner le monde de l'écriture. Il n'en fut rien, de l'édition ou de la révolution. Je ne le citerai pas, mais je le remercie: ce texte a traversé les époques, je l'ai renié, repris, rejeté, re-aimé... Je viens de lui infliger le même régime amaigrissant qu'à mes textes précédents et le sens mûr, complètement, pour une édition, à laquelle je pourrai accoler, désormais, la très belle chanson que m'a composée Jean-Jacques Coulon, en 2008, qui n'existe qu'en version avec ma voix. Il est très vraisemblable que je sollicite quelqu'un d'autre pour dire ce texte dont je me contenterais largement d'être l'auteur comblé. A suivre, cela aussi, donc.
Un petit emprunt, momentané, à Chantal Montellier, auteure de "la fosse aux serpents", une bande dessinée autour de Camille (Casterman, 1990)

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