12/12/2011
Partie remise.
Je trouve aujourd'hui un message de mon éditeur qui me transfère une nouvelle à laquelle je ne croyais plus parce que jamais je n'aurais pu y croire. Il y a quelques mois (dans une autre vie), la librairie Colophon, à Grignan, avait demandé à mon éditeur un exemplaire de "la partie de cache-cache" pour la sélection qu'elle couvre, justement intitulée "Rencontres du II° titre". Je pensais la sélection bouclée, le livre oublié, ramené à son état de roman issu de la petite édition. Et j'apprends aujourd'hui, qu'il a été choisi, que cette partie de cache-cache à laquelle j'ai tant tenu connaîtra sa petite heure de reconnaissance et un peu plus que ça, au mois de mai, chez la Marquise de Sévigné. Après le TREQ à Annecy et la parution d'un extrait de "Tébessa" dans un manuel scolaire, ça me fait quelques bonnes nouvelles qui m'inciteraient à être prudent en sortant dans la rue, de peur de prendre un piano sur la tête. Du moins c'est ce que je pensais avant, même si je connais quelques soubresauts. Parce que de la même façon que celui qui n'essaie pas ne se trompe qu'une seule fois, j'ai une envie incompressible d'aller de l'avant plus encore, de défendre et faire connaître - puisque je serai sans doute, une nouvelle fois, l'inconnu de service - mon travail. Surprendre les spectateurs, nombreux pour cet événement, quand ils sauront que l'on aurait pu créer pour moi, la même année, des rencontres du III type. Les amener à découvrir Tébessa, qui vivrait ainsi sa quatrième et cinquième vie et me mènerait tranquillou vers mon premier retirage. Leur faire découvrir - et jouer, dans un décor idyllique? - "Trop Pas" et ces bouts de la Princesse de Clèves qu'il véhicule. Et surtout, surtout, parler, de nouveau, de ces trois petits monstres que j'ai tellement portés, de cette Emilie dont j'ai dû accoucher dans la douleur pour que, un an et demi après, elle me libère et me permette l'échappée belle dans les lieux mêmes de la correspondance... Je suis bêtement heureux, mais j'ai envie de m'autoriser, un instant, la bêtise et le bonheur réunis. Et si j'ai réalisé un décalogue critique (malheureusement plus disponible sur le site de LF, on est bien peu de choses...) pour la sélection Lettres-Frontière en 2009, est-il possible que je vive de tels instants à Grignan sans vous en tenir le cours épistolaire? Ce serait mal me connaître.
19:48 Publié dans Blog | Lien permanent






















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