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08/05/2011

"Trop pas!" - Chroniques - 7

IMG_1285.jpgXavier Desprat est un ingénieux du son. Suffisamment malin pour nettoyer ses pistes à la cave quand les « gaziers » envoient du bois à l’étage. Ingé son, c’est d’abord une dose infinie de patience : il faut reprendre, effacer, reprendre. Xav’ rétorque systématiquement « pas de souci » quand le musicien, en haut, annonce dans le micro qu’il préfère refaire la prise. Ajouté à cela une expérience déjà longue en studio et en captation live, le flegmatique tient sa journée aux manettes sans jamais marquer la moindre impatience. Quand les langues se délient, on comprend toutefois que les « good vibes », pour lui, viennent d’abord de la qualité des musiciens qui jouent, et pas seulement intrinsèque : on ne joue pas pour soi mais parce qu’on a une idée de ce que sa ligne apportera au morceau. Quand un batteur, raconte-t-il, va jusqu’à lui glisser que ce sont ses clics qui sont décalés et pas son jeu à lui, il maugrée un peu et laisse faire, même si ce n’est pas sa conception du métier. Quand tout roule, l’homme se détend, plaisante : ses réparties feraient à elles seules un DVD bonus. Prépare des stagiaires au métier, conseille un plus jeune encore de ses pairs. Confie le Protools et l’espace-pomme z-3 à Fred D., et monte mettre un coup de guitare quand un des morceaux, contre toute attente, fait frissonner ses oreilles. Gérard Védèche lui confierait bien, en l’entendant, les prises qu’il a faites lui sans savoir que s’il est monté, c’est justement parce qu’il les a (bien) faites. Que l’édition se fait quasiment d’elle-même quand aucun temps n’est perdu. Encore apprenti, Xav’ s’est retrouvé dans les studios (de Windmill Lane vraisemblablement) avec Daniel Lanois en présence de Bono & The Edge ; il a travaillé avec des grands, sonorisé le Royal Albert Hall, on ne lui la fait pas. Gérard et lui sont à l’unisson, en fin de journée, le micro ne répond pas si prestement : ça papote à la cave, sans qu’aucun ne rebiffe. Fred et lui poseront des « guitounes » qu’il aura empruntées à tel ou tel de ses amis entre deux sessions, puisqu’ils semblent amenés à ne pas se quitter beaucoup. Des projets se dessinent, des contrats s’envisagent, Eric & moi profiterons au final de cette osmose professionnelle et amicale, c’est tout bénéfice. Le maître des lieux peut profiter de ses vacances, encore : la Casa est bien gardée, dans tous les sens du terme.

17:26 Publié dans Blog | Lien permanent

"Trop pas!" - Chroniques - 6

IMG_1382.jpgOn se donne rendez-vous plus tôt, le week-end, pour enregistrer à la Casa. Il fallait que Gérard termine les guitares, hier, ce qu’il a fait sans coup férir jusqu’à ce que Xav’, sortant de son rez-de-chaussée d’ingé-son, ait envie de tâter de la Airline, réédition des 50’s, pour « une chanson du proviseur » endiablée qui va chercher du côté du rock indé des 90’s. Petite pensée pour Wallis & Futuna, avec ce son énorme auquel on ne se serait jamais attendu, Yves Ocean & moi. Oui, Yves Ocean (prononcer à l’anglaise), le nouveau pseudo du Hostett’, la traduction de « N’a qu’un rein » en chinois. Parce que Qing s’est agrégée au projet : la compagne de Gérard, accordéoniste, est venue essayer quelques accords sur « l’Ecole buissonnière » et « le Café des Ecoles », ces chansons qu’elle trouve « jolies », dans l’innocence de la langue étrangère. Elle a vu son homme s’emparer d’un ukulélé capricieux dans les accords pour entamer une partition dans la chanson de « Marjo & d’Esteban » qui lorgne du côté du Tex-Mex et de Pulp Fiction, sans guacamole, mais dans une novlangue qu’il aura inventée de toutes pièces, entre « Andiamos ! », « soy un rockoros ! » et « es mi estilos » : ça ne fait pas rigoler les cuisses, dit-il. Elle a apporté l’intro et les réponses en thème de fin qu’il fallait pour que « L’Ecole » remise Stevie Wonder au rayon des (bons) souvenirs. Proposé l’accordina, mélange entre harmonica et accordéon, sur le Masterpiece beynelien : pour info, elle l’a acheté à celui auquel Galliano a acheté le sien. Fred D., toujours, furète, déstructure et trouve les notes qu’il faut pour que le son n’en rajoute pas dans le français : c’est un DA qui a un temps d’avance sur tout, dans l’intelligence du morceau. L’équilibre, une fois encore, se fait, il faut voir une fois au moins des musiciens se retrouver dans une telle harmonie. Qui se continue au barbecue, le soir, avec Xav’ aux manettes, toujours, qui ne se sort pas l’air de la tête. C’est déjà gagné.

Rendez-vous lundi prochain pour une nouvelle étape, les instruments additionnels. Avec une surprise de taille.

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09:41 Publié dans Blog | Lien permanent