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03/10/2010

Les deux France

IMG_0727.jpgJ’étais ce week-end à Chartres pour assister à la « naissance » de mon dernier bébé, « la partie de cache-cache », que j’ai dû accepter de découvrir après Jean Frémiot, qui m’a averti par téléphone, vendredi soir, que l’édition n’était pas celle que Claude Raisky et moi-même attendions : inattention de l’imprimeur, délais peut-être précipités, il manque à l’édition les rabats que le contrat avait prévus. Je reçois la nouvelle dans le TER qui me mène lentement vers Chartres et prend l’information de plein fouet, m’imaginant d’ores et déjà une édition bâclée, un de ces livres qui ne tiennent pas les années, dont on finit par s’interroger sur le contenu simplement en en contemplant l’aspect. J’arrive donc à Chartres accablé et, heureusement, Jean Frémiot a déjà fait l’acquisition de ce qui sera donc le premier exemplaire : premier constat, le livre est beau, vraiment, même sans rabats. Je me dis pour me rassurer et parce que c’est vrai, que son épaisseur, supérieure à Tébessa, ne les justifiait pas, qu’il se porte finalement très bien comme ça. Reste que notre venue à Chartres n’a pas été facile : l’organisation conjointe et visiblement mal concertée entre la superbe librairie « l’Esperluète » du remarquable Olivier Lhostis et l’association chargée de l’exposition nous a un peu obligés de jongler entre l’angoisse et le plaisir de voir enfin mon deuxième opus - un brin étranger et incongru dans une librairie dont les auteurs sont absents et connus, à mon exact opposé – côtoyer les images de Jean. J’aurais aimé un peu plus de considération de la part d’un groupe de copains pour qui le seul intérêt d’un vernissage est qu’il donne libre accès au buffet. Qu’ils aient jeté un regard poli aux photos de Jean Frémiot est déjà consternant, qu’ils n’aient même pas cherché à en savoir plus sur notre collaboration et ces allers-retours entre le mot et l’image, révélateur. Feuilleter le livre ne leur aurait pas coûté grand chose, ça aurait pu même pallier un peu l’immense vacuité de certaines discussions qu’ils m’ont un peu laissé entendre. Sortant d’une année Lettres-Frontière – une association aussi, dois-je rappeler – découvrir qu’une seule chambre d’hôtel pour deux et pour une seule des deux nuits que nous devions passer là-bas ait été réservée mais non réglée en dit long. Que rien n’ait été organisé après le vernissage, monument presque balzacien d’entre soi, déplorable. Nous avons préféré éviter, Jean et moi, la compagnie obligée de ces personnes qui, de toute manière, auraient eu du mal à nous apporter, en une soirée, ce qu’ils ne nous ont pas donné en deux jours. J’aime beaucoup ce que vous faites ? Eh bien pas moi.

Il n’empêche que le livre est là et que dans mon cheminement d’auteur, ce n’est pas rien. Je redécouvre, sous l’anonymat du papier, les pensées de ces personnages qui m’ont porté si longtemps. Je suis, socialement, intimement, un autre homme que celui qui les a guidés, je peux les entendre avec une vraie distance critique et ce qu’ils me disent, immodestement, continue de me parler : c’est plutôt bon signe. Après, l’exercice, même couplé à une exposition, reste compliqué : le ratio des personnes qui passent et de celles qui restent et engagent une conversation est très faible, beaucoup plus qu’en salon, par exemple. Je convoque « Tébessa » à mon secours mais même là, contre toute habitude, les têtes chenues ne passent pas forcément à l’étage, escaliers obligent. La solitude de l’écriveur de fond est bien connue, en librairie : cela étant, ça permet toujours de rédiger ces lignes, quand même.

Je vais continuer ma route, finaliser une rencontre en Haute-Savoie, pour retrouver tous mes amis des cercles de lecture de Lettres-Frontière ; une soirée, très prochainement, à Lyon, que tous ceux qui l’attendent, « la partie de cache-cache », puissent l’entamer. Ailleurs, aussi...

Remerciement très particulier à Jean-Louis Pujol, l'ami fidèle, dont la compagnie et l'humeur chantante nous ont empêchés, Jean et moi, de reprendre directement le train et la voiture du retour.

 

20:07 Publié dans Blog | Lien permanent

29/09/2010

La palette des émotions et des états de conscience.

Image 3.pngBon, maintenant, je ne peux plus rien faire d'autre: plus d'effets d'annonce, plus de reculades, plus de circonvolutions... "La partie de cache-cache" est bel et bien là, je n'ai pas vu le livre encore, le premier carton des cent premiers exemplaires a dû arriver aujourd'hui à Chartres. Le temps de la mise en place par le distributeur, le temps qu'il trouve la sienne en librairie, je l'ai déjà écrit, c'est autre chose. Mais je vais en faire une première présentation publique, dans le cadre des "Ataraxies" de Jean Frémiot alors que je ne l'aurai jamais, encore, eu en main. Je pressens qu'il va me falloir "défendre" ce roman plus que j'ai dû le faire pour Tébessa, parce qu'il est moins consensuel, parce que sa vision du monde est plus pessimiste. Un des effets retors de l'âge qui avance? Pas si sûr. Mon fonctionnement d'écrivain est tel que je porte les histoires très longtemps avant de les sortir. Non, peut-être, s'il fallait absolument les mettre en analogie autrement que sur l'écriture elle-même, dirais-je qu'Emilie, Grégoire & Jean sont à la conscience ce que Gérard a été à l'humanisme. Je n'ose pas espérer qu'ils vous plaisent, ils ne sont pas là pour ça, d'abord, et ensuite je les aime suffisamment pour penser que s'ils ne vous plaisent pas, eh bien tant pis! De toute manière, c'est trop tard, non? Bon, moi qui travaille en ce moment sur les neurosciences (en bon béotien!), je ne peux que vous confier que j'ai l'amygdale cérébrale qui fonctionne à plein régime.

22:12 Publié dans Blog | Lien permanent