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01.07.2008
On a retrouvé Paul Dédalus...
Je rentre de la projection d’”Un conte de Noël”, d’Arnaud Desplechin, et j’ai besoin de dire immédiatement que j’ai vu le meilleur film de cette année! Tout est dedans, en transfert boursouflé de ce qui pourrait arriver de pire dans une réunion de famille. Henri a été banni sur demande expresse de sa soeur Elisabeth, lesquels s’accusent, sous couverts de comptes faussés, de porter un deuil familial trop lourd, la mère, Junon, ayant cherché à sauver un fils qu’elle a perdu faute de donneurs compatibles dans la famille; elle a même fait un dernier enfant – Henri, donc – en espérant qu’il puisse sauver son frère, mais comme le précise la voix off dès les premières minutes du film, celui-ci est né après le décès de Joseph, l’absent, “pour rien.” Un embrouillamini de génie sortie des esprits tourtueux d’Arnaud Desplechin et d’Emmanuel Bourdieu, pour un film sublime de prestance et de vérité criée. Les séances d’Elisabeth chez son psy font pâle figure, c’est l’envers des liens familiaux que Desplechin met en scène, sans jamais manquer de goût. On s’attache à chacun de ces personnages-ovnis , avec, pour ma part, une mention très très spéciale à Anne Consigny que j’ai trouvée sublime de tristesse; le petit Paul Dédalus, grâce auquel Desplechin livre un lien d’avec “Comment je me suis disputé” est excellent aussi. Tous les autres, également : Roussillon, Deneuve, Devos... Et les deux miens, à moi, qui ont vieilli à l’écran mais que je suis seul à voir à l’âge d’Hippo et de Gaspard, Girardot et Poulpaud. Et Amalric, qui réussit film après film ce que Luchini a fini par échouer : cabotiner sans jamais sortir d’une exactitude absolue du jeu.
Vivement Noël prochain!
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